Et plus, si affinités…

Une amie, une simple amie. A force de se voir, de se retrouver seuls, mon cerveau-sexe n’a pas résisté longtemps avant de la tenter.

(J’ai tellement envie de lui… mais je ne peux pas. Non, ce ne serait pas raisonnable…)

Elle a résisté, un peu, de moins en moins. J’ai eu accès à ses cuisses, pas plus haut, et enfin un baiser, comme pour me calmer.

(Si je pouvais, si seulement je pouvais le laisser prendre ma bouche à nouveau. M’abandonner dans ces bras, juste une fois…)

Mais la suite ne laissait plus de doute. A la rencontre suivante, ma bouche s’est faite gourmande sur sa peau, des frissons la faisait trembler aux endroits stratégiques, érogènes au possible.

(Enfin, la délivrance d’une attente trop longtemps maintenue… mais comment fait-il pour me faire vibrer de la sorte ? Comment devine-t-il “mes” points fébriles ?)

J’ai toujours été étonné de voir leurs endroits varier d’une femme à l’autre. Une vraie découverte chaque fois. Cela donne envie d’en découvrir davantage, et chez d’autres conquêtes. Les hommes sont-ils plus basiques ? Le seul effet sur mon corps était mon sexe, dur, contraint dans ces jeans.

(L’envie de lui rendre la pareille m’étreint, mais le laisser faire est aussi divin que de lui donner du plaisir… il m’entreprend d’une manière si particulière…)

Ma langue sur ses seins l’électrisait, sa main, ses doigts s’enfonçaient dans ma peau à chaque succion. Elle m’a entrainé vers le lit, pour être plus confortable, s’est découverte avant moi.

(Il a réussi à me faire sortir de ma réserve déjà bien entamée, je ne lui en veux pas, non, au contraire, je veux m’offrir, tout lui offrir…)

Et c’est ainsi que je me suis occupé d’elle, torse nu devant sa beauté crue. Je ne savais plus ou donner de la tête, des mains, des doigts, de la langue. Elle était là, partout, jusque sur mon visage où elle a coulé pendant de longues minutes d’excitation extrême.

(Les vannes sont ouvertes, avec un tel doigté, un tel savoir-faire, il ne pouvait en être autrement… vivre l’instant, le sentir sur ma peau, le sentir au creux de ma main, au creux de moi…)

Elle m’a souri, débouclé ma ceinture pour libérer ce sexe devenu si sensible. Problème, énorme : pas de capote, pas de pilule. Pas prêts pour repeupler l’humanité, c’était notre dernier souci.

(Aucune précaution… normal, aucune préméditation, ou si peu. Qu’à cela ne tienne, allions mon excitation à mon désir, je vais le prendre au creux de moi quand même, mais…)

Sa main douce, ses lèvres chaudes, sa bouche humide n’ont eu aucune peine à me faire exploser. Pas de frustration du plaisir avec la question “dedans ou dehors” pendant qu’elle me suçait de façon divine, si douce, langue étant partout autour de mon gland. “Préviens moi” m’a-telle annoncé avant de l’engloutir. Et son corps, le mien, les draps, s’en sont chargés. Fin de l’acte 1. Elle a pris la direction de la salle de bain. Son corps nu de dos, une invitation à finir la pièce.

(Je crois avoir pris autant de plaisir à le prendre dans ma bouche que lui a sentir mes lèvres autour de son membre, alors qu’il était au bord de l’orgasme… j’aime son goût, j’aime sa peau, de la plus exposée à la plus intime… j’ai encore envie de lui.)

Elle n’a jamais pensé la remettre à plus tard. Ses mains, sa bouche se sont chargées de la continuer. Jouir sur son sexe, ses lèvres ouvertes, de ma semence chaude lui provoquant d’autres tremblements, à défaut de pouvoir la pénétrer. Les actes suivants se sont enchainés au cours de la nuit. Entre caresses et assoupissement. Mais la frustration toujours présente.

(Le faire jouir à plusieurs reprises est tout simplement délicieux… mais je le veux au fond de moi, le sentir m’investir, de toute sa puissance, de toute son ardeur, de toute son excitation… je me sens féline, animale, en chaleur…)

Acte final. Sa main sur mon membre, lassée de ne pouvoir le sentir en elle, elle s’est lâchée. Après toutes les jouissances, la crainte de passer pour une salope se sont envolées. Ou alors était-ce le plaisir de passer pour une salope. Je ne sais pas. Je ne me suis jamais posé la question.

(Au diable les convenances, je veux être à lui, qu’il me possède, je suis prête à tout, même à ce que je n’ai pas l’habitude d’offrir aux premières rencontres. Qu’importe, je sais qu’il fera bon usage de ce que je m’apprête à lui donner, je sais qu’il saura y faire…)

“Puisqu’on n’a pas le choix” a-t-elle dit en se retournant à quatre pattes, pointant mon sexe sur son anus, poussant ses fesses contre moi, assurant une pénétration jusqu’à la garde en laissant échapper un “Oh que c’est bon”.

(J’en avais la certitude… il a pris possession de moi avec force et douceur…)

“Que c’est bon… que c’est bon” accompagnaient mes coups de reins. Je la devinais dans la pénombre, la tête dans l’oreiller, le dos cambré, le cul bien offert à mes mains, à mon sexe. Et je me suis enfin déversé en elle cette nuit, d’une jouissance plus forte que les autres. Comme un point culminant avant le dénouement, avant un repos à l’aube, avant un café les traits tirés mais les yeux brillants.

(Je ne sais pas ce que nous réserve l’avenir et franchement, je m’en moque… cette nuit spéciale et intense restera à jamais gravée dans ma mémoire… et ailleurs.)

Dans la chambre des Secrets (3)

J’ai envie de lui.

Il passe la porte de la chambre, et s’apprête à s’installer sur son ordi pour finaliser un téléchargement, mais à son passage devant moi pour fermer les volets, je lui lance une oeillade avec un sourire mutin qui l’arrête dans son élan. Il reprend ses esprits et termine la tâche qu’il avait en vue puis s’approche de moi. Il attrape ma main tendue, s’agenouille, et dépose un baiser léger sur mes lèvres. J’y engouffre avec toute la force de mon désir une langue tendue par l’ivresse du scenario déjà bien avancé dans mon esprit.

Une longue danse des langues et des papilles s’ensuit, faisant grimper mon excitation d’un cran et préparant doucement la sienne. Je lui tends ma joue, mon cou, la naissance de ma poitrine, comme d’habitude. Je raffole de ces baisers déposés plus ou moins farouchement sur ma peau, au creux même de mes points névralgiques. Je lui mets la main au paquet et constate que son sexe se réveille tranquillement. Je lui demande de quelle manière il me prendrait, là de suite. Sa réponse me fait de l’effet. Beaucoup d’effets.

Je glisse une de mes mains sous la couette prendre la température déjà mouillée de mon entrejambe. Je m’efforce de dégrafer son pantalon en même temps, puisqu’après avoir remarqué mon petit manège et ne voulant pas rester sur le bord de la route, il s’est étendu à mes côtés. J’y arrive tant bien que mal (fichu cran de ceinture), je commence à le caresser de la main gauche, tout en introduisant un doigt dans mon intimité de l’autre main.

Je l’entends gémir de temps à autre. Je n’y tiens plus : son érection en plein essor me donne envie de le gober, de le lécher, de le sentir tout contre ma langue, palpitant de désir, gonflant, se raffermissant au contact de mes muqueuses, grandissant encore, gorgé de plaisir partagé. Je peux encore le prendre presque entièrement dans ma bouche lorsque je le laisse aller loin, mais ça ne va pas durer. Je profite de sentir mon menton pouvoir encore toucher la peau de l’aine, tout en lui massant les gonades.

Sa main autoritaire dans mes cheveux, son excitation grandit, sa queue également. Son diamètre emplit copieusement ma bouche et là encore, je regrette de ne pouvoir lui faire part de mes sensations autrement qu’en gémissant. Je lâche ma proie et recommence à le caresser. Je me rallonge, il se pose sur moi, puis me reprend la bouche et se frotte contre mon corps. J’aime cet instant qui précède la pénétration. Les regards qui se défient et s’aiment, le bas des corps qui ondule, en attente, piaffant d’impatience.

Il me prend, doucement, lentement, comme il aime le faire pour entrer en moi. Chaque nouvelle possession a le même goût : celui de l’inattendu et du recommencement. Une sensation que nous partageons et qui nous est chère. Il va et vient en moi aussi facilement que d’habitude, grâce à l’humidité dont je fais systématiquement preuve quand je suis d’humeur sexuelle. Il m’attrape les jambes pour les lever haut et s’enfoncer encore plus en moi. Le sentir buter contre ma peau intérieure me met dans tous mes états. S’échappent un cri de ma gorge et un spasme de mon sexe.

Il redescend mes jambes dans un mouvement souple et précis, puis les replie contre ma poitrine pour y prendre appui de ses mains. La position est puissante. Mon clitoris, mis de cette manière en exposition parfaite, reçoit les frottements de son pelvis et en vibre de plaisir. Les sensations sont fortes, et bien que ma respiration s’amoindrit, je suis proche de la jouissance. Il ralentit la cadence, me laisse libre de baisser mes jambes, ce que je fais avec précaution pour ne pas entamer la charge d’extase accumulée.

Nous sommes collés l’un  à l’autre, échangeons des baisers voluptueux pendant qu’il continue à aller et venir en moi. Je l’enserre grâce à cette position relativement banale mais d’une grande efficacité sur lui comme sur moi. Plus ses mouvements se font amples et profonds, plus je l’entends approcher de la félicité. La peau de son sexe est largement travaillée lorsque nous faisons l’amour ainsi et le sentir se tendre, voir son visage se transformer finit de me transporter.

Je relève mes jambes, les enlace autour de son bassin pendant quelques minutes, lui arrachant un sourire au milieu des soupirs, puis je pose mes mains sur ses fesses, signe que la jouissance approche pour moi. Je prends la main et gère à présent le tempo de notre réunion. Je plie légèrement les genoux pour augmenter l’angle de pénétration afin que ses coups de rein soient encore plus efficaces. L’extase arrive, tourbillonne, prend possession de mes entrailles et le contrôle de mon corps.

J’accompagne ses mouvements du bassin pour encore mieux vivre le point culminant de mon plaisir. Je vibre, râle, griffe, lacère, tend mon cou en arrière comme pour me libérer de son emprise tout en plaquant mes mains contre son cul en l’invitant à maintenir le mouvement. Mon corps se délecte, se cale contre le sien, les derniers soubresauts font trembler mes jambes alors que je profite des ultimes contractions de mon sexe.

Le silence nous enveloppe. Il ne s’arrête pas. Je repousse son torse pour qu’il entre en moi avec force et bruit. Ses mains posées de part et d’autre de ma poitrine, les bras tendus, il fait claquer sa peau contre la mienne, son sexe se décalottant avec vigueur et promesse d’une extase imminente. Mais pas encore, détendue par ma propre jouissance, je prends les commandes. Enfin, pas pour longtemps…

Je me dégage de son étreinte et me retourne pour lui présenter mes fesses. L’envie qu’il plonge en moi sa virilité de manière bestiale, qu’il m’attrape les hanches en y plantant ses ongles tout en me travaillant avec vigueur. Il enfonce sa verge sur toute sa longueur, je râle dans un relâchement d’air qui dure une éternité. Il m’attrape soudain le bras droit, puis le gauche, avec détermination et fermeté. Il me maintient ainsi les poignets croisés pendant quelques instants, s’appuyant dessus, ce qui ne manque pas de réveiller mes instincts de soumise sexuelle et d’augmenter mon excitation déjà sans pareille.

Après plusieurs immersions, je le sens s’immobiliser au fond de moi et attraper quelque chose à côté de lui. J’en profite pour libérer mes seins qui s’étaient retrouvés écrasés par la répétition ardente des mouvements. Tout en gardant les poignets croisés dans le dos. Une douceur m’enlace les doigts, remonte lentement jusqu’à mes avant-bras, puis se tend autour de mes poignets. Il m’attache. Je ne peux me retenir de gémir. J’aime cette idée, j’aime qu’il la réalise, j’aime lui appartenir.

Je le lui dis. Je le lui souffle. J’expire des suppliques d’offrande : qu’il me prenne là, maintenant, tout de suite, qu’il entre en moi, qu’il prenne possession de ce qui est à lui. Il me demande où… Je suffoque, je me consume, qu’il le prenne, ce Graal auquel il tient tant. C’est à lui, je le lui répète à l’envi. Je m’offre corps et âme, je m’offre coeur et cul. Je m’offre… je sens le lubrifiant couler le long de ma raie. Je l’entends appliquer le baume sur son sexe, je frémis, j’appréhende, je m’impatiente, tout à la fois.

Il cherche son chemin, prend ses précautions, arrive tout en douceur. Il commence à pénétrer lentement mon anus, m’ouvrant délicatement malgré le format plus que convenable de sa verge. Je le sens s’enfiler au plus profond de moi, je vis sa progression par chaque cellule de mes chairs ultra vascularisées. Chacun de ses tremblements de plaisir trouve un écho en moi. Je murmure des “oui”, des “non”, il n’en tient pas compte et il fait bien. J’aime qu’il ne me demande pas mon avis. Je lui appartiens.

Jusqu’à la garde. Maintenant, il va pouvoir disposer de mon cul comme bon lui semble. Et il ne s’en prive pas. Je ne peux me retenir de l’appeler, encore et encore, je suis au bord d’exploser, il m’allume comme un millier de feux de Bengale. Des couleurs passent derrière mes paupières closes, celle que je devine du foulard qui me lie les mains, celle qui s’imposent à moi quand je le sens buter contre mes fesses, celles qui m’annoncent qu’un nouvel orgasme se prépare. Les sensations sont indescriptibles, le plaisir si intense…

Il va venir vite. Je crie, il râle, j’appelle sa jouissance, il soupire. Il me prend si vite, si fort, si délicieusement que j’ai envie que ça ne s’arrête jamais. Ambivalence de le sentir s’abandonner en moi et de maintenir l’instant. Il jouit fort, vibrant le long de mon périnée, poussant des cris étouffés si excitants. Je sens chaque giclée comme si le bout de ma langue était collée à la base de son sexe. Sa jouissance n’est pas la même quand elle arrive dans ma bouche, sur ma main, dans mon sexe ou mon anus.

Cette dernière est animale, puissante, mais aussi délicate et sensitive. Ce que j’apprécie le plus quand il jouit dans mon cul, c’est la manière dont je peux ressentir chaque tressaillement, chaque pulsation, comme si je vivais moi-même l’éjaculation. Il me souffle son amour du bout des lèvres, dans une expiration de béatitude, puis se pose de tout son poids sur moi, ce qui ne manque pas de m’arracher une énième contraction de plaisir. Je sens ses lèvres fraiches se poser dans mon cou. Sa main me dégage le visage, recouvert par mes cheveux longs qui ont valsé pendant notre fougueuse union, puis il me picore de baisers.

Tendresse… Animalité… Fantasme… Soumission… Plaisir partagé…

Un soir sur hotmail (4)

Vous ne me harcelez même plus… je ne peux même pas compter sur vous pour égayer mes journées un peu tendues de ces dernières semaines… je vous en veux à mort… même vos derniers mails ne me calment pas (encore qu’heureusement, je préfère largement y être sensible…)

Mmmm…. C’est que vous même vous donniez assez peu de vos nouvelles (ce qui ne me vexe en rien !) Et puis j’ai peur de vous lasser à vous envoyer encore et toujours de telles images ou vidéos…
Vous n’êtes pas un brin lassée ?
Ou vous préférez en recevoir encore pour vous branler, ponctuellement, devant l’intimité de ma pornographie personnelle ? Ce dont je serai ravi…

Dans ce cas, recommençons avec une question crue (et illustrée).

Vous me toucheriez ainsi, doucement, en même temps que ma queue s’enfoncerait dans votre cul ?

Vous aimeriez que je vous maintienne ainsi pour me branler, en fixant votre cul ? En vous disant les pires mots crus qui existent bien sûr…

Vous aimeriez que je vous touche, que je vous palpe, que je vous écarte… pendant que vous vous godez pour moi ?

Vous aimeriez être obscène, ouverte, béante… à ma merci, à attendre que je vous baise par le cul ?

Un peu de tenue…
Je sais m’arrêter lorsque la pudeur s’impose…
Bonne soirée, quelle qu’elle soit !

J’aime votre pudeur, elle me permet de rester sur ma faim… mon partenaire aime aussi votre pudeur, elle lui permet de profiter de ma frénésie… je ne vous ai jamais dit que j’appréciais particulièrement de vous entendre en pleine action ?

Vous y entendre soupirer, diriger… sur l’une, vous vous extasiez sur la croupe de votre partenaire, lui rappelant un engagement qu’elle aurait pris envers vous, et sur l’autre, vous avertissez de votre jouissance imminente… que du bon en somme.

J’aime beaucoup l’idée que vous puissiez vous caresser en regardant mon sexe, en écoutant mon souffle…

J’ai beaucoup aimé les derniers envois… je vais les revoir ce soir, car je suis seule et j’ai besoin de m’amuser un peu…

Vous ne vous lassez pas de cette débauche d’images d’un vulgaire inconnu ???

Mmhhh, laissez moi réfléchir…. mmmhhh… non.

Et sinon, au choix, j’ai pour vous… le cliché d’un objet que j’utilise souvent… la prise au dépourvu de l’un de mes yeux noyé dans mes cheveux… une photo crue (et révélatrice de mes préférences) de mon anatomie…

Dites-moi ce que vous préférez recevoir…

Je penche sans hésiter pour la photo crue.
Je sais déjà que je me caresserai devant.
Et vous, qu’aimeriez recevoir de moi que vous n’avez pas déjà ?

Sensations (1)

Il est loin. Et comme à chaque fois quand il est loin, l’envie ne se calme jamais. Pas une seconde de répit. Normal, il n’est pas là pour l’apaiser, cette envie toujours en éveil, qui s’épanouit dès que mes pensées s’envolent vers lui. Jamais un homme ne m’a autant stimulée, même à distance.

L’ouïe par exemple…

Le simple fait d’entendre sa voix dans le creux de mon oreille, diffusée par un combiné téléphonique ou son souffle directement envoyé sur mon lobe, m’électrise. Après quelque temps, les choses du quotidien peuplent nos conversations, bien entendu… mais lorsqu’au détour d’une phrase, d’un mot, une amorce de rire se fait entendre, une expression qui lui est propre est lâchée, mes neurones s’emballent. Je suis très sensible aux sons, certes, mais il a ce petit je-ne-sais-quoi qui fait la différence.

Lorsque sa langue se délie et qu’il me murmure ses envies, je décolle. Il m’emmène, par la simple force de ses mots, aguicheurs et doux à la fois, dans un pays d’attente délicieusement insupportable. Son étreinte vocale a systématiquement le même effet : elle attise mon désir. Il fait jouer son souffle dans mes cheveux, sur ma peau, dans ma bouche, sa respiration donnant le rythme à mes pulsations libidineuses.

Alors que la température monte d’un cran grâce à tous nos  sens conjugués, son vocabulaire se transforme petit à petit, pour devenir plus suggestif, plus sauvage parfois, toujours aussi efficace bien entendu. Ses prémonitions quant à nos exploits à venir, ses fantasmes qu’il conserve précieusement inassouvis, les images qui défilent derrière le désir qui s’anime dans son regard, dans ses gestes, dans sa voix.

“Viens là…”

“Tu es à moi…”

“J’aime sentir ta peau frissonner…”

“Oui, comme ça, ne change rien…”

L’avoir dans ma bouche ne me prive que d’un plaisir, celui de communier par les paroles avec lui. Ponctuer chacun de ses gémissements par l’expression de mes propres pulsions, qui deviennent animales dans ces circonstances. Le sentir se tendre sous l’effet de ma langue, l’entendre râler quand je l’engloutis presque, ordonner, une main accrochée à mes cheveux, de continuer, le deviner, plus que l’entendre, soupirer de plaisir intense… le pied intégral.

“J’ai envie d’être en toi…”

“Ton odeur… tu m’enivres…”

“Bouge ma belle, montre-moi que tu aimes…”

“Te prendre est si bon, je ne sais pas si je vais attendre…”

Accompagner notre réunion de mots si simples et excitants à la fois, voilà ce qu’il sait faire. Jamais vulgaires, parfois trop sages, toujours adéquats. Je lui réponds sur le même ton, de temps à autre avec des termes plus osés, et quand le plaisir est à son paroxysme, ou proche de l’être, il n’y a que mes râles qui peuvent se faire l’écho de ses interventions verbales.

Ma jouissance s’annonce, je le lui dis, alors il active ses mouvements sous le claquement de mes mains, et adapte le rythme de son flot de paroles, d’un timbre grave, prononçant chaque mot avec une lenteur calculée, m’invitant à m’abandonner avec délectation, scrutant la moindre de mes réactions, suscitées par les sons qu’il m’envoie avec tant d’amour et de désir. Je me lâche, l’orgasme explose avec mes cris non contrôlés, mes mouvements saccadés, je le vois sourire et prendre le retour de toute l’intensité des sensations qui m’habitent à ce moment précis.

Le calme revient, avant la prochaine tempête, la sienne. Il reprend ses mouvements, les intensifie, augmente l’amplitude, claque sa peau contre la mienne, me faisant frôler une autre extase, se préparant à jouir au plus profond de moi. Sa respiration change, il ne peut plus retenir ses gémissements qui se transforment rapidement en râles dévastateurs quand je m’approche de son oreille pour mieux lui communiquer mon plaisir, par le biais de mon souffle, ma voix, ma langue. Il arrive parfois à glisser un mot tendre, une phrase plus ou moins construite sur l’évènement imminent, puis vient enfin en moi, accompagnant sa libération par un mélange de sons indescriptibles mais d’une puissance phénoménale.

J’aime l’intensité de nos échanges oraux, quels qu’ils soient… de la conversation banale à l’excitation sexuelle en passant par nos préliminaires qui n’en sont plus…

Un soir sur hotmail (3)

Je ne vous envoie pas moins une petite pensée…

(sourire)  Vous avez toujours la phrase, le mot qui élargit mes lèvres…

Dommage qu’il s’agisse de votre bouche…
J’ai pensé à vous ce week-end, lors d’une scène très crue…

Je n’ai rien précisé, vous l’aurez remarqué…
Racontez-moi, changez moi les idées s’il vous plait.

Rien précisé en effet…
J’ai vu un ancienne amante et nous avons joué à faire des films…
J’en ai fait plusieurs en pensant à vous.
Elle est à quatre pattes et me présente ses fesses…
… pour des jeux que vous affectionnez également je crois…
Vous êtes sexuelle ce soir ?

Disons que… la situation est plutôt excitante, je suis sexuelle et pas seule dans la pièce… une idée en tête ?
Vous revoyez souvent vos amantes de la sorte ?

Si vous n’êtes pas seule dans la pièce, je ne vous tenterai pas en vous envoyant une vidéo très crue.
Non, je ne revois aucune ex-amante, sauf elle, très rarement.
Deux ou trois fois par an.
Vous avez des amants vous ?

Diable, je ne vais pas être beaucoup plus disponible ce week-end, et vous me mettez l’eau à la bouche avec cette vidéo…
Concernant les amants, ma réponse varie en fonction de mes engagements…

Une photo extraite de la vidéo… ça vous inspire quoi ?

J’en dis que vous êtes diablement efficace (ronronnement de femelle en chaleur) il y en a beaucoup comme ça ?

Oui, plein…
Il suffit de faire un clic pour prendre une photo de la vidéo…
alors des clics, pour vous, j’en ai fait quelques-uns…
Ca me fait bander de vous envoyer ça…

(sur la deuxième photo, ma main claque évidemment…)

(sourire) et ça ne m’en fait pas moins d’effet…
Vous continuez à travailler mes lèvres, alors que les supérieures s’apprêtent à manger…

Le simple fait de voir ses fesses participe à votre excitation ?
J’aime cette idée que votre sexe ne reste pas insensible…
Je vous en envoie une autre dans la foulée…

(vous aimez vous offrir de la sorte ?)

Oui, j’aime, et pas plus tard qu’hier soir, je m’y suis prêtée dans un flot de tequila et quelques grains de sel, absolument divin.
Qui a initié ces retrouvailles ? elle ou vous ?

Ce coup-ci, c’était moi…
C’est un plug que je m’apprête à lui mettre…
Qu’est ce qui domine comme sentiment lorsque vous offrez ainsi votre cul ?

(comme ça doit être bon de se faire ouvrir comme ça…
… de se laisser doigter doucement, avec vice…
et comme ça doit être bon également de sentir qu’on cède…)

Le sentiment qui prédomine, c’est l’excitation, la fébrilité, puis vient immédiatement derrière la soumission, l’envie de se donner sans retenue…

J’ai mangé sur le pouce, mais c’est surtout quelques préliminaires qui m’ont empêchée de vous répondre dans la foulée (évidemment, les clichés que j’ai matés sans honte n’ont rien à voir avec tout ceci, non, non, non…)

A mon tour, je vous souhaite une bonne nuit, aussi mouvementée pour le début et douce pour la fin que sera la mienne…

J’aime beaucoup ça, que vous matiez sans honte mes mains qui pétrissent un cul offert… Ne changez rien…

Bonjour à tous !

Oui, je suis restée absente bien longtemps… beaucoup de grands évènements à gérer, un temps à dompter, ce qui n’est pas une mince affaire vous en conviendrez et des tas de brouillons qui s’accumulent dans l’administration de mon blog et qui n’attendent qu’une chose : satisfaire vos envies de lecture audacieuse.

J’ai continué à consulter les blogs qui font partie de l’univers de Succuba et ai donc pu continué à me délecter, de mon côté, de tous ces textes et clichés aguicheurs et émoustillants. Je me dois de rendre la pareille aux tenanciers, mais aussi à mes chers lecteurs qui n’ont pas déserté le navire !

La publication hebdomadaire va donc reprendre du service, avec le premier article mercredi prochain et en attendant de peaufiner chaque perle de textes sulfureux que j’ai en attente, je vais étudier attentivement les propositions de collaboration que j’ai pu apercevoir au milieu de vos commentaires.

A très vite !

Patience…

Je travaille plusieurs textes qui devraient voir leurs parutions respectives bientôt programmées, toujours à raison d’un par semaine, pour vous laisser le temps d’apprécier, de savourer, d’imaginer, de fantasmer…

Je vous rappelle que ce blog est aussi un blog participatif, sous certaines conditions, et que la co-écriture est de mise. Les volontaires qui ont mon mail peuvent me contacter par ce biais, sinon, il est toujours possible de laisser un commentaire dans ce sens sous ce billet.

J’espère que vous passez toujours d’agréables moments dans ces pages encore vertes et vous donne rendez-vous très bientôt pour la suite de nos séries à thème et de nouvelles à lancer !

Je vous souhaite à tous un week-end aussi sensuel que possible…

Mes jouets et moi (2)

J’aime jouer. Non, c’est plus que ça. C’est comme un appétit maladif. Plus je joue, plus j’ai envie de jouer, et de grimper des niveaux (et aux rideaux, mais c’est une autre histoire). C’est comme le sexe en fait. Plus je le fais, plus j’en veux, et pas qu’en fréquence. Alors quand le complice de mes nuits m’a proposé de faire un tour dans la “boutique pour adultes” qui s’offrait à nous, je n’ai pas hésité une seconde (en fait, je crois même que c’est moi qui ai poussé la porte alors que nous ne faisions que regarder les vitrines).

On a fait le tour du magasin dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, prenant le temps de regarder les huiles de massage, les jeux idiots et tenues de fantasmes. On est passés devant les bougies et articles de lingerie à manger, quand une exposition sur différents instruments de plaisir a attiré notre attention. C’est de cette manière que nous avons appris des choses intéressantes, peu que nous ne connaissions pas à vrai dire, mais je dois bien avouer que le Ginette et le plug anal masculin étaient des nouveautés pour mes yeux.

Proches de la sortie, nous sommes tombés nez à nez avec ce qui allait devenir notre nouveau jouet. Les boules de geisha. Différents modèles, différentes teintes, mon compagnon de jeu m’a rapidement demandée de choisir les miennes, après s’être assuré que ce genre d’instruments pouvait m’intéresser (cette question !). J’ai immédiatement porté mon choix sur une paire bicolore girly total fashion (oui, voilà, vous l’aurez deviné, il y a du rose et du fushia dans l’histoire). L’idée n’était pas forcément de les utiliser tout de suite. Au départ.

Une programmation culturelle prévue plus tard dans la soirée nous confinait dans le quartier tout en  nous laissant quelque temps libre devant nous. Remplis de nos ébats du matin, nos estomacs, eux, n’avaient pas vu l’ombre d’un aliment depuis le brunch que l’horaire tardif de notre sortie de chambre nous avait imposé. Nous avons donc décidé de grignoter quelque chose en attendant notre rendez-vous théâtral. Je me suis laissée trainer dans une crêperie déjà connue de l’homme, et aux produits délicieux, il faut bien l’admettre, ainsi que des toilettes accueillantes, tout au moins pour ce que j’y suis descendue faire.

Profitant subtilement de l’absence de mon amant dans ces mêmes lieux, j’ai fébrilement plongé la main dans le petit sac en papier blanc, déchiré l’emballage des boules tant convoitées et les ai glissées dans la poche de ma chemise… prétextant l’envie pressante classique, je suis partie me remplir de ces mystérieuses boules de plastique, après les avoir nettoyées à l’eau savonneuse (ne négligeons pas l’hygiène tout de même… (sourire) ). Tellement excitée à l’idée de les introduire, de les porter et de ressentir la nouveauté, elles ont littéralement plongé en moi.

Je suis remontée le rose aux joues, prise d’une bouffée de chaleur (les vraies, celles qui vous donnent le feu au fesses) à défaut d’autre chose, alors que mon partenaire avait déjà deviné et vérifié ce que j’étais partie faire, en ouvrant le fameux paquet blanc. “Tout s’est bien passé ?”. Je ne pouvais répondre que par l’affirmative et nos sourires et regards complices se sont éternisés un peu plus que de raison. Après avoir réglé l’addition, direction le quartier de destination.

Je vais vous confier un secret : les boules de geisha, c’est carrément incroyable. Au début, elles étaient placées un peu bas. Au fur et à mesure de mes pas, elles se sont engagées plus profondément, trouvant leur place comme… naturellement. Leur cliquetis intérieur à chaque mouvement cadencé, la sensation d’être prise sans interruption, légèrement et pleinement à la fois. La lourdeur à la montée des marches, la stimulation à la descente. De nouvelles sensations, complètement folles et affolantes. J’ai passé plusieurs heures à les découvrir une à une.

Une fois arrivés dans la salle de spectacle, nous avons disposé les manteaux de manière à pouvoir nous  caresser sans choquer notre voisinage (oui, il nous arrive d’être pudiques, si tant est que nous ne soyons pas dans un cinéma ou un jardin public du Sud…). Et là, aux premiers traits d’humour des comédiens, j’ai découvert une saveur supplémentaire à ce gadget si connu. Le rire amplifie tout, et je vous assure que dans ces circonstances  aussi. Le regard mi-amusé mi-concupiscent de mon compagnon me donnait des envies de lui tordre le cou tout autant que celles de le prendre immédiatement. Après quelques baisers mouillés et profonds pendant l’entracte, j’ai vainement tenté de contenir les flux qui se succédaient.

A la fin de la représentation, direction le restaurant. Pendant tout le chemin, mon amant était excité comme jamais, tantôt me lorgnant du coin de l’oeil, tantôt m’arrêtant brusquement pour plonger sa langue dans ma bouche. Je le sentais frustré de ne pas pouvoir vérifier immédiatement les effets produits par notre nouvelle acquisition et malgré la patience qui le caractérise la plupart du temps, je le sentais fébrile à l’idée de rentrer jouer avec moi. La chaleur intérieure s’était diffusée dans tout mon corps, jusqu’à mes joues qui étaient devenues cramoisies.  J’avais alors l’impression que tout le monde pouvait lire le désir dans mes yeux fièvreux, dans le regard gourmand de mon partenaire, dans les gestes sans équivoques : ma main sur son sexe, par dessus son jean, son pied sur mon entrejambe, sous la nappe…

Il était temps de rentrer. Les vibrations du métro sont diaboliquement efficaces dans ces conditions. J’étais tout de même soulagée d’arriver, la surstimulation étant épuisante. Je ne me souviens plus si l’épisode “cage d’escalier” s’est déroulé ce soir-là… peu importe, j’y reviendrai une autre fois. Une fois installés dans son appartement, nous sommes passés aux choses sérieuses, à même la moquette de sa chambre. Encore vêtue de mon haut, mes jambes libérées de leur prison de tissu, mon sexe à l’air libre, les jambes écartées devant lui, je me suis offerte.

Mon compagnon a d’abord joué avec le cordon, faisant tourner les boules dans mon intimité, doucement, lentement. Le sentir gérer les mouvements de ce qui me stimulait librement depuis la fin d’après-midi a fait grimper mon niveau d’excitation. Je sentais ses doigts s’emmêler dans le fil et mes poils à la fois, glissant, tournant, louvoyant. Il les a tout d’abord enfoncées davantage, puis les a fait descendre précautionneusement. Les bruits de succion qu’ont fait chaque boule en sortant relevaient de l’excitation la plus brute. Mais ce n’était rien à côté de l’image de mon amant en train de lécher les boules de geisha, ses yeux plantés dans les miens. Je l’ai dévoré à pleine bouche… et autrement.

Je les ai remises de temps à autre, accompagnée ou non, pour avoir des sensations, jouer avec mon corps.. ou avec une webcam. Elles font partie de mon attirail, que j ‘espère enrichir encore et toujours, et pas seulement pour le plaisir de vous abreuver de nouvelles histoires à mouiller debout…

Clara (3)

Son corps était pris de soubresauts, réguliers, languissants. Elle tentait de se contrôler, de se calmer, de reprendre son souffle. Il l’en empêchait, diabolique, avec ses chastes baisers qui maintenaient l’embrasement de son corps.

Elle était électrique, des pieds à la tête. Chaque millimètre de sa peau était ultra sensible. Toujours ses baisers, qu’il prodiguait généreusement, la faisant frissonner plus que de raison. Mais elle ne pensait qu’à reprendre la main, se ressaisir pour pouvoir recommencer à jouer.

Son ventre la brulait, l’air qui arrivait dans ses poumons la consumait, elle bouillait de plaisir, d’envies, de toutes ces sensations à la fois. Cette chaleur irradiait doucement, pernicieuse et délicieuse à la fois. Elle s’en délectait presque.

Elle inspira profondément, son cœur ralentit, clarifiant ses idées, encore insuffisamment, la laissant toujours baigner dans cette tiédeur de luxure. “Bon sang, si seulement là, tout de suite, maintenant, tu pouvais me prendre ! A l’instant, immédiatement, tu pouvais me pénétrer, te planter au fond de moi ! Prends-moi !”

Elle hurlait intérieurement. A chacun de ses baisers, elle ressentait la furieuse envie de se coller contre son corps, de sentir sa peau contre la sienne, de le sentir en elle. Mais pas encore, elle voulait profiter de ces instants de félicité que sont les prémices d’une union charnelle divine, juste une seconde, une seule petite seconde plongée dans cette chaleur… ou lui plongé en elle… Doux antagonisme.

La pièce, plongée dans la pénombre, ne laissait filtrer que la lumière de l’entrée, laquelle éclairait à peine les deux corps sur le lit, ainsi que les vêtements épars sur le sol. Seuls les gémissements et le bruissement des draps troublaient le calme de cette après midi de fin de semaine.

Un goût salé. Tout son corps avait ce petit goût salé particulier. Il aimait sa saveur, la sensation de la sentir vibrer sous ses baisers, les pores de sa peau qui réagissaient à chaque claquement de lèvres, morsures légères, coups de langue. Ce sentiment de puissance, de contrôle, tout en étant l’instrument comme le créateur. Il jubilait.

Une douce chaleur emplissait son bas ventre, il était excité comme jamais. Il n’y avait vraiment qu’elle pour lui faire autant d’effet. Il bandait tellement fort qu’il en avait mal, son sexe enflé ne demandait qu’à être soulagé. Il avait maintenant envie de se laisser contrôler, de s’abandonner à son tour, de lui appartenir.

Dans sa tête tout était clair, la suite des événements, les gestes, les mots, les caresses. Il poserait son corps contre le sien, l’embrasserait longuement en lui caressant le sein, le prenant dans sa main, jouant avec son mamelon… Puis il se glisserait en elle, doucement, lentement, il la pénétrerait… enfin ils seraient un…

Avec lui (1)

Une larme de tequila s’échappe du coin de ses lèvres, pour continuer de rouler dans son cou. Il lui fait face et son œil vif a capté immédiatement le phénomène. Suffisamment tôt pour attraper à pleine bouche la goutte d’alcool sur la peau de sa partenaire, avant même qu’elle n’ait eu le temps d’achever sa course effrénée. Elle sourit. La sensation chaude et humide sur son épiderme lui donne la chair de poule. Chaque centimètre carré de son corps se hérisse de volupté sous la caresse mouillée et éphémère de son amant. Elle laisse un puissant soupir de plaisir s’échapper, également témoin d’une respiration retenue depuis trop longtemps. Elle ouvre les yeux, que les sensations ressenties à l’instant lui ont fait fermer sans même y penser, et le fixe d’un regard prometteur.

Il ne voit qu’elle. Cette étincelle dans ses yeux, qui flamboie lorsqu’il fait monter son excitation, qui attise avec une déconcertante facilité le feu qui brule en lui. Un instant son propre regard se voile tandis qu’il se remémore ce même brasier qui l’habitait lors de leurs premiers effleurements, à peine quelques heures plus tôt, une éternité déjà. Le métro, seul moyen de transport sensé dans cette grande ville, si peu romantique et pourtant si propice aux rapprochements, au prix d’une légère discrétion, pour peu que l’on aime jouer… Et jouer, il adore.

Déjà dans le wagon il avait commencé à jouer avec ses nerfs, profitant du recoin inoccupé, de son manteau suffisamment lâche pour estomper ses gestes. Et déjà il avait vu cette lueur lorsque sa main s’était glissée à même sa peau, sous sa chemise, avant de s’insinuer sous sa longue jupe, d’aller s’assurer de la chaleur moite qui couvait en elle. Il entend encore cette inspiration soudaine, longue, qu’elle peut à peine retenir alors que ses doigts se déploient lentement mais sûrement. Il se souvient de l’extase qu’il ressent à réaliser à quel point l’excitation provoquée peut être contagieuse. De l’extase qu’il ressent à découvrir qu’il n’est pas seul à aimer le jeu lorsqu’elle le repousse doucement et s’assoit sur un strapontin, face à lui, assez loin pour qu’il puisse l’embrasser du regard, assez près pour que personne ne puisse s’interposer, et que tranquillement, discrètement, elle écarte les pans de sa jupe dans un sourire provocateur et lui laisse entrevoir le fruit de sa convoitise, encore interdit à cet instant, provoquant en lui une bouffée qu’il peine à contenir, tout comme son impatience d’arriver enfin. Voyeur ? Oui, comme nous le sommes tous un peu, que nous l’assumions ou non…

Cette bouffée, il la ressent à nouveau en voyant les yeux de sa belle se rouvrir, en voyant cette étincelle réapparaître pour sa plus grande joie. Mais cette fois il ne la contient pas, plus la peine. Sa respiration commence progressivement à s’accélérer, devenir plus profonde. À son tour de boire. Il remplit le minuscule verre, une larme de tequila, un soupçon de tonic, mais ne frappe pas le verre, pas encore. Il prend un quartier de citron, qu’il lui tend d’un geste éloquent, qu’elle comprend parfaitement : “et maintenant où désires-tu que ma bouche vienne se poser ?”.

Elle sourit, amusée par son audace, que l’on ne soupçonne guère au premier abord, mais dont il fait sans cesse preuve depuis leur rencontre. Il se révèle, se dévoile, dans l’intimité, et ce n’est pas pour lui déplaire. Au fond d’elle-même, elle sent qu’elle est la seule à vraiment le connaître, qu’il n’est lui que dans la somme de tous ses actes, incluant les charnels, qu’elle a la chance de posséder. Elle s’empare du morceau de citron, s’attardant sur ses doigts humides, excitants, et se mordille la lèvre inférieure, la bouche esquissant une moue coquine, faisant semblant de réfléchir à la question. Elle n’a aucune hésitation, évidemment, mais le laps de temps, finalement assez court, qu’elle laisse s’écouler intensifie la scène. Il attend sa réponse, fébrile, en attente.

Elle regarde ses seins encore prisonniers d’une lingerie noire en dentelle, puis maintenant sa tête baissée, lève son regard sur lui, le feu couvant dans ses yeux. En penchant son buste en arrière, elle lui offre sa poitrine en guise d’autel. Elle y dépose, de la naissance du sein gauche à celle du droit, un léger filet de jus de citron, chemin qu’il devra parcourir de la langue pour y récolter le sel qu’elle prend soin de saupoudrer lentement, son regard bien planté dans le sien. Une fois les préparatifs terminés, elle installe le quartier dans sa bouche, écorce contre sa langue, profitant de la sensation amère pour prendre une profonde inspiration qui soulève ses seins, rappelant à son amant la suite des évènements.

Il frissonne. Ce qui se déroule dans cette chambre d’hôtel est plus qu’à son goût. Et il n’a pas fini d’en découvrir les saveurs, il le pressent. Il l’attrape par les bras, fermement, laissant son désir doser sa force, et l’approche de lui, lentement, mais sûrement. A cet instant, elle a envie de lui souffler “prends-moi”. Cette phrase se bat avec son appétit immodéré des jeux à deux, en son for intérieur. C’est un tumulte passionné qui continue à s’installer dans ses entrailles. Des regards, des sensations humides, une emprise, des douceurs dans la bouche et la voilà qui perd le contrôle. Elle prend une inspiration par le nez pour reprendre un minimum ses esprits et garder le fil des évènements. Elle se laisse mener en le regardant d’un air de défi.

Il hoche imperceptiblement la tête d’un côté et se jette sur son cou, sans prévenir. Il prend soin, malgré la rapidité de son geste, de ne pas abîmer le paysage de citron et de sel qu’il devra embrasser de la langue. Mais il ne peut résister aux courbes de son cou, parsemées de quelques grains de beauté qui l’appellent silencieusement. Il mordille doucement sa peau, juste assez pour l’entendre soupirer au travers du quartier de citron qu’elle a encore en bouche. Il la regarde, s’approche de ses lèvres pour y passer la langue et commencer à piquer ses papilles avec la saveur citronnée. Il descend lentement de la pointe de la langue pour arriver au début du chemin qui l’attend.

Il écrase sa langue contre sa peau, pour qu’un maximum de capteurs gustatifs soient en contact avec elle, le citron et le sel. Il va de droite à gauche, avec précaution, de toute la largeur de son muscle, savourant la position de sa partenaire, tête en arrière et gorge déployée, ainsi que la prise qu’il maintient à la force des poignets et qui augmente considérablement son excitation. Il se redresse, et sans la quitter des yeux, attrape le shooter à pleine main pour le frapper trois fois sur le coin de la console. Cul sec. Du bout des dents, il attrape le citron offert par les lèvres juteuses de son amante, lèvres qu’il s’empresse d’embrasser avec les siennes, les secondes, nécessaires à la récupération quartier, pour ensuite terminer le cérémonial avec la pulpe qu’il arrive à en retirer.

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