J’ai envie de lui.
Il passe la porte de la chambre, et s’apprête à s’installer sur son ordi pour finaliser un téléchargement, mais à son passage devant moi pour fermer les volets, je lui lance une oeillade avec un sourire mutin qui l’arrête dans son élan. Il reprend ses esprits et termine la tâche qu’il avait en vue puis s’approche de moi. Il attrape ma main tendue, s’agenouille, et dépose un baiser léger sur mes lèvres. J’y engouffre avec toute la force de mon désir une langue tendue par l’ivresse du scenario déjà bien avancé dans mon esprit.
Une longue danse des langues et des papilles s’ensuit, faisant grimper mon excitation d’un cran et préparant doucement la sienne. Je lui tends ma joue, mon cou, la naissance de ma poitrine, comme d’habitude. Je raffole de ces baisers déposés plus ou moins farouchement sur ma peau, au creux même de mes points névralgiques. Je lui mets la main au paquet et constate que son sexe se réveille tranquillement. Je lui demande de quelle manière il me prendrait, là de suite. Sa réponse me fait de l’effet. Beaucoup d’effets.
Je glisse une de mes mains sous la couette prendre la température déjà mouillée de mon entrejambe. Je m’efforce de dégrafer son pantalon en même temps, puisqu’après avoir remarqué mon petit manège et ne voulant pas rester sur le bord de la route, il s’est étendu à mes côtés. J’y arrive tant bien que mal (fichu cran de ceinture), je commence à le caresser de la main gauche, tout en introduisant un doigt dans mon intimité de l’autre main.
Je l’entends gémir de temps à autre. Je n’y tiens plus : son érection en plein essor me donne envie de le gober, de le lécher, de le sentir tout contre ma langue, palpitant de désir, gonflant, se raffermissant au contact de mes muqueuses, grandissant encore, gorgé de plaisir partagé. Je peux encore le prendre presque entièrement dans ma bouche lorsque je le laisse aller loin, mais ça ne va pas durer. Je profite de sentir mon menton pouvoir encore toucher la peau de l’aine, tout en lui massant les gonades.
Sa main autoritaire dans mes cheveux, son excitation grandit, sa queue également. Son diamètre emplit copieusement ma bouche et là encore, je regrette de ne pouvoir lui faire part de mes sensations autrement qu’en gémissant. Je lâche ma proie et recommence à le caresser. Je me rallonge, il se pose sur moi, puis me reprend la bouche et se frotte contre mon corps. J’aime cet instant qui précède la pénétration. Les regards qui se défient et s’aiment, le bas des corps qui ondule, en attente, piaffant d’impatience.
Il me prend, doucement, lentement, comme il aime le faire pour entrer en moi. Chaque nouvelle possession a le même goût : celui de l’inattendu et du recommencement. Une sensation que nous partageons et qui nous est chère. Il va et vient en moi aussi facilement que d’habitude, grâce à l’humidité dont je fais systématiquement preuve quand je suis d’humeur sexuelle. Il m’attrape les jambes pour les lever haut et s’enfoncer encore plus en moi. Le sentir buter contre ma peau intérieure me met dans tous mes états. S’échappent un cri de ma gorge et un spasme de mon sexe.
Il redescend mes jambes dans un mouvement souple et précis, puis les replie contre ma poitrine pour y prendre appui de ses mains. La position est puissante. Mon clitoris, mis de cette manière en exposition parfaite, reçoit les frottements de son pelvis et en vibre de plaisir. Les sensations sont fortes, et bien que ma respiration s’amoindrit, je suis proche de la jouissance. Il ralentit la cadence, me laisse libre de baisser mes jambes, ce que je fais avec précaution pour ne pas entamer la charge d’extase accumulée.
Nous sommes collés l’un à l’autre, échangeons des baisers voluptueux pendant qu’il continue à aller et venir en moi. Je l’enserre grâce à cette position relativement banale mais d’une grande efficacité sur lui comme sur moi. Plus ses mouvements se font amples et profonds, plus je l’entends approcher de la félicité. La peau de son sexe est largement travaillée lorsque nous faisons l’amour ainsi et le sentir se tendre, voir son visage se transformer finit de me transporter.
Je relève mes jambes, les enlace autour de son bassin pendant quelques minutes, lui arrachant un sourire au milieu des soupirs, puis je pose mes mains sur ses fesses, signe que la jouissance approche pour moi. Je prends la main et gère à présent le tempo de notre réunion. Je plie légèrement les genoux pour augmenter l’angle de pénétration afin que ses coups de rein soient encore plus efficaces. L’extase arrive, tourbillonne, prend possession de mes entrailles et le contrôle de mon corps.
J’accompagne ses mouvements du bassin pour encore mieux vivre le point culminant de mon plaisir. Je vibre, râle, griffe, lacère, tend mon cou en arrière comme pour me libérer de son emprise tout en plaquant mes mains contre son cul en l’invitant à maintenir le mouvement. Mon corps se délecte, se cale contre le sien, les derniers soubresauts font trembler mes jambes alors que je profite des ultimes contractions de mon sexe.
Le silence nous enveloppe. Il ne s’arrête pas. Je repousse son torse pour qu’il entre en moi avec force et bruit. Ses mains posées de part et d’autre de ma poitrine, les bras tendus, il fait claquer sa peau contre la mienne, son sexe se décalottant avec vigueur et promesse d’une extase imminente. Mais pas encore, détendue par ma propre jouissance, je prends les commandes. Enfin, pas pour longtemps…
Je me dégage de son étreinte et me retourne pour lui présenter mes fesses. L’envie qu’il plonge en moi sa virilité de manière bestiale, qu’il m’attrape les hanches en y plantant ses ongles tout en me travaillant avec vigueur. Il enfonce sa verge sur toute sa longueur, je râle dans un relâchement d’air qui dure une éternité. Il m’attrape soudain le bras droit, puis le gauche, avec détermination et fermeté. Il me maintient ainsi les poignets croisés pendant quelques instants, s’appuyant dessus, ce qui ne manque pas de réveiller mes instincts de soumise sexuelle et d’augmenter mon excitation déjà sans pareille.
Après plusieurs immersions, je le sens s’immobiliser au fond de moi et attraper quelque chose à côté de lui. J’en profite pour libérer mes seins qui s’étaient retrouvés écrasés par la répétition ardente des mouvements. Tout en gardant les poignets croisés dans le dos. Une douceur m’enlace les doigts, remonte lentement jusqu’à mes avant-bras, puis se tend autour de mes poignets. Il m’attache. Je ne peux me retenir de gémir. J’aime cette idée, j’aime qu’il la réalise, j’aime lui appartenir.
Je le lui dis. Je le lui souffle. J’expire des suppliques d’offrande : qu’il me prenne là, maintenant, tout de suite, qu’il entre en moi, qu’il prenne possession de ce qui est à lui. Il me demande où… Je suffoque, je me consume, qu’il le prenne, ce Graal auquel il tient tant. C’est à lui, je le lui répète à l’envi. Je m’offre corps et âme, je m’offre coeur et cul. Je m’offre… je sens le lubrifiant couler le long de ma raie. Je l’entends appliquer le baume sur son sexe, je frémis, j’appréhende, je m’impatiente, tout à la fois.
Il cherche son chemin, prend ses précautions, arrive tout en douceur. Il commence à pénétrer lentement mon anus, m’ouvrant délicatement malgré le format plus que convenable de sa verge. Je le sens s’enfiler au plus profond de moi, je vis sa progression par chaque cellule de mes chairs ultra vascularisées. Chacun de ses tremblements de plaisir trouve un écho en moi. Je murmure des “oui”, des “non”, il n’en tient pas compte et il fait bien. J’aime qu’il ne me demande pas mon avis. Je lui appartiens.
Jusqu’à la garde. Maintenant, il va pouvoir disposer de mon cul comme bon lui semble. Et il ne s’en prive pas. Je ne peux me retenir de l’appeler, encore et encore, je suis au bord d’exploser, il m’allume comme un millier de feux de Bengale. Des couleurs passent derrière mes paupières closes, celle que je devine du foulard qui me lie les mains, celle qui s’imposent à moi quand je le sens buter contre mes fesses, celles qui m’annoncent qu’un nouvel orgasme se prépare. Les sensations sont indescriptibles, le plaisir si intense…
Il va venir vite. Je crie, il râle, j’appelle sa jouissance, il soupire. Il me prend si vite, si fort, si délicieusement que j’ai envie que ça ne s’arrête jamais. Ambivalence de le sentir s’abandonner en moi et de maintenir l’instant. Il jouit fort, vibrant le long de mon périnée, poussant des cris étouffés si excitants. Je sens chaque giclée comme si le bout de ma langue était collée à la base de son sexe. Sa jouissance n’est pas la même quand elle arrive dans ma bouche, sur ma main, dans mon sexe ou mon anus.
Cette dernière est animale, puissante, mais aussi délicate et sensitive. Ce que j’apprécie le plus quand il jouit dans mon cul, c’est la manière dont je peux ressentir chaque tressaillement, chaque pulsation, comme si je vivais moi-même l’éjaculation. Il me souffle son amour du bout des lèvres, dans une expiration de béatitude, puis se pose de tout son poids sur moi, ce qui ne manque pas de m’arracher une énième contraction de plaisir. Je sens ses lèvres fraiches se poser dans mon cou. Sa main me dégage le visage, recouvert par mes cheveux longs qui ont valsé pendant notre fougueuse union, puis il me picore de baisers.
Tendresse… Animalité… Fantasme… Soumission… Plaisir partagé…