La suite des vérités communiant avec celles d’Ange Solaire, des vérités qui n’en sont pas vraiment ou alors, pas toutes… comment ça je maintiens le mystère ? Voici la suite, donc, en attendant les miennes, de vérités…
Je ne sais pas résister à la voix d’un homme qui murmure mon prénom…
Je suis très sensible aux sons. L’ouïe est pour moi le sens le plus exacerbé lorsque je suis en proie à une excitation grandissante. Chacun des autres sens travaillent activement, bien sûr, mais l’oreille est tendue, accroche chaque sons intéressants et le retransmet directement à mon cerveau qui se charge de passer le message aux organes concernés : mon sexe, mes doigts, ma peau… lorsque j’entends un soupir, je suis aux anges, le gémissement est encore plus efficace, il me transporte littéralement. Quand mon partenaire s’amuse à me caresser en accentuant son mouvement pour que mon humidité s’entende parfaitement, je suis carrément dans un état second. Que dire alors, quand il prend un malin plaisir à épeler mon prénom, détachant chaque lettre dans un soupir, pour le finaliser d’une traite de son timbre chaud et envoûtant… chaque lettre cogne contre mon ventre et envoie une décharge de plaisir supplémentaire. Chaque lettre envoyée dans mon lobe fait grimper d’un cran l’impatience qui m’étreint systématiquement quand nos jeux sont bien avancés, celle d’être prise, vite, profondément. Quand mon prénom est lâché dans un souffle brûlant du désir qui nous consume tous deux, je ne résiste pas : “prends-moi…”.
J’ai déjà tracé l’initiale d’un autre sur l’épaule de mon homme alors qu’il me faisait l’amour…
Je le croise régulièrement en me rendant au cours de musique de mon fils. Il est bel homme, grand et d’apparence calme. Vêtu de manière classique, sa prestance indéniable saute aux yeux. Son sourire charmeur, celui là même qu’il m’a dédié dès notre premier regard, m’a, contre toute attente, complètement ravagée. En entrant dans le bâtiment, j’étais encore sous le charme de son visage conquérant. Oui, c’est bien le mot : l’assurance tranquille d’un homme qui n’a aucun doute sur son pouvoir de séduction. Habituellement, ce genre d’arrogance aurait tendance à m’énerver, mais là, je ne saurais dire grâce à (ou à cause de ?) quoi, cela me laisse rêveuse. Un jour, en reprenant le chemin de ma voiture, je l’ai aperçu qui m’attendait juste devant. Il a pris la parole en premier. Après s’être présenté, il m’a raconté qu’il m’observait depuis le début de l’année musicale, qu’il attendait que je sois seule pour m’aborder enfin, que je lui plaisais beaucoup. De surprise je suis passée à complètement gênée, car même si je connais l’étendue de mon pouvoir de séduction sur les hommes, je ne suis pas non plus la destinatrice quotidienne de déclarations de ce type. Nous avons discuté une petite heure, debouts, sur le trottoir. Il m’a eue à la première phrase. Les autres se sont contentées d’enfoncer le clou : j’avais envie de lui. Là, tout de suite. C’était bien évidemment impossible, cela aurait été trop facile. J’ai du repousser son invitation immédiate. Je n’avais pas peur de l’inconnu, ce papa que je croisais depuis si longtemps me donnait la sensation incongrue qu’il faisait partie de mon cercle amical. Simplement, je n’étais pas libre… en terme de temps, bien évidemment. Alors le soir même de cet abordage pas banal, lorsque mon homme s’est approché de moi dans le lit que nous partageons pour beaucoup de choses, c’est à “lui” que j’ai pensé. Quand il a englouti mon intimité dans sa bouche, c’est à “sa” bouche que j’ai pensé. Quand j’ai joui une première fois sous les lèvres de mon homme, c’est “son” prénom que j’ai murmuré silencieusement. Quand il m’a investi de toute sa raideur, me travaillant avec entrain, c’est “sa” queue que j’ai imaginé en moi. Quand il a ralenti le rythme et s’est lâché profondément, c’est le prénom de mon futur amant que j’ai dessiné sur l’épaule de mon partenaire.
J’aime le sexe de l’homme.
Son odeur, sa forme, son goût, sa texture, ses bruits, les effets qu’il peut produire, son potentiel… J’aime qu’il ne soit pas fraichement lavé : propre, mais réussir à sentir l’odeur primaire de son propriétaire, m’en délecter et m’exciter sur cette fragrance si particulière et fidèle à chaque homme. Le savourer aussi, tantôt doux, tantôt piquant de la première goutte, tantôt velours, tantôt chair mouillée… faire courir mes doigts autour de lui, m’attarder sur le gland si sensible, le frein si fragile, sentir l’homme tressaillir sous mes caresses, qui descendent jusqu’à ses bourses, en font le tour, redessinent la ligne parfaite qui se dresse sous mes yeux, ma bouche. En apprécier chaque courbe avec ma langue, le lécher pour en savourer chaque parcelle, le gober et le faire rencontrer mon palais, ma gorge, multiplier les va et vient pour le sentir palpiter dans ma bouche. L’entendre se décalotter avec vigueur et désir quand il m’investit, m’émerveiller encore et toujours de son pouvoir sur moi, sur mon plaisir, sur ma jouissance et le sentir me livrer le point d’orgue de mon excitation, un orgasme intensément sonore.
Mentalement, je crois que je réfléchis souvent comme un homme…
C’est je crois pour cette raison que ma vie sexuelle est si épanouie. La pénétration, si elle n’est pas un but ultime dans mes ébats sexuels et amoureux tient quand même la première place dans mes préférences. Elle est tellement variée et variable qu’elle représente mille actes sensuels à la fois. Et ce sentiment de puissance, de domination, que doit ressentir un homme lorsqu’il entre dans un sanctuaire féminin, le plaisir de diriger d’une baguette de chef d’orchestre confirmé les sensations de sa partenaire, par le rythme d’un déhanché, la force de quelques abdominaux, la profondeur d’une queue. Quelle intensité dans cet acte tour à tour tendre et animal, charnel et cérébral, une intensité que j’aimerais éprouver, dans tous les sens du terme. Prendre à mon tour, un homme de préférence. Goûter à cette explosion des sens de l’autre côté du tableau, en être la maitresse de cérémonie, user et abuser de ce pouvoir de pénétrer à ma guise. Et faire ressentir également. L’amplitude de la possession, qui se déroule des pieds au sommet du crâne lorsque nous sommes pleines d’une raideur masculine, l’abandon à un sexe qui n’est pas le nôtre et qui nous procure pourtant tout autant que notre intimité lorsque nous la sollicitons. Ce plaisir de se laisser aller au bon vouloir de l’autre, pour finir par reprendre le cours des évènements en main, par le biais d’encouragements ou de changement de position. Faire découvrir à l’amant le bonheur de se donner entièrement, tout simplement.