Les sept vérités (2)

La suite des vérités communiant avec celles d’Ange Solaire, des vérités qui n’en sont pas vraiment ou alors, pas toutes… comment ça je maintiens le mystère ? Voici la suite, donc, en attendant les miennes, de vérités…

Je ne sais pas résister à la voix d’un homme qui murmure mon prénom…

Je suis très sensible aux sons. L’ouïe est pour moi le sens le plus exacerbé lorsque je suis en proie à une excitation grandissante. Chacun des autres sens travaillent activement, bien sûr, mais l’oreille est tendue, accroche chaque sons intéressants et le retransmet directement à mon cerveau qui se charge de passer le message aux organes concernés : mon sexe, mes doigts, ma peau… lorsque j’entends un soupir, je suis aux anges, le gémissement est encore plus efficace, il me transporte littéralement. Quand mon partenaire s’amuse à me caresser en accentuant son mouvement pour que mon humidité s’entende parfaitement, je suis carrément dans un état second. Que dire alors, quand il prend un malin plaisir à épeler mon prénom, détachant chaque lettre dans un soupir, pour le finaliser d’une traite de son timbre chaud et envoûtant… chaque lettre cogne contre mon ventre et envoie une décharge de plaisir supplémentaire. Chaque lettre envoyée dans mon lobe fait grimper d’un cran l’impatience qui m’étreint systématiquement quand nos jeux sont bien avancés, celle d’être prise, vite, profondément. Quand mon prénom est lâché dans un souffle brûlant du désir qui nous consume tous deux, je ne résiste pas : “prends-moi…”.

J’ai déjà tracé l’initiale d’un autre sur l’épaule de mon homme alors qu’il me faisait l’amour…

Je le croise régulièrement en me rendant au cours de musique de mon fils. Il est bel homme, grand et d’apparence calme. Vêtu de manière classique, sa prestance indéniable saute aux yeux. Son sourire charmeur, celui là même qu’il m’a dédié dès notre premier regard, m’a, contre toute attente, complètement ravagée. En entrant dans le bâtiment, j’étais encore sous le charme de son visage conquérant. Oui, c’est bien le mot : l’assurance tranquille d’un homme qui n’a aucun doute sur son pouvoir de séduction. Habituellement, ce genre d’arrogance aurait tendance à m’énerver, mais là, je ne saurais dire grâce à (ou à cause  de ?) quoi, cela me laisse rêveuse. Un jour, en reprenant le chemin de ma voiture, je l’ai aperçu qui m’attendait juste devant. Il a pris la parole en premier. Après s’être présenté,  il m’a raconté qu’il m’observait depuis le début de l’année musicale, qu’il attendait que je sois seule pour m’aborder enfin, que je lui plaisais beaucoup. De surprise je suis passée à complètement gênée, car même si je connais l’étendue de mon pouvoir de séduction sur les hommes, je ne suis pas non plus la destinatrice quotidienne de déclarations de ce type. Nous avons discuté une petite heure, debouts, sur le trottoir. Il m’a eue à la première phrase. Les autres se sont contentées d’enfoncer le clou : j’avais envie de lui. Là, tout de suite. C’était bien évidemment impossible, cela aurait été trop facile. J’ai du repousser son invitation immédiate. Je n’avais pas peur de l’inconnu, ce papa que je croisais depuis si longtemps me donnait la sensation incongrue qu’il faisait partie de mon cercle amical. Simplement, je n’étais pas libre… en terme de temps, bien évidemment.  Alors le soir même de cet abordage pas banal, lorsque mon homme s’est approché de moi dans le lit que nous partageons pour beaucoup de choses, c’est à “lui” que j’ai pensé. Quand il a englouti mon intimité dans sa bouche, c’est à “sa” bouche que j’ai pensé. Quand j’ai joui une première fois sous les lèvres de mon homme, c’est “son” prénom que j’ai murmuré silencieusement. Quand il m’a investi de toute sa raideur, me travaillant avec entrain, c’est “sa” queue que j’ai imaginé en moi. Quand il a ralenti le rythme et s’est lâché profondément, c’est le prénom de mon futur amant que j’ai dessiné sur l’épaule de mon partenaire.

J’aime le sexe de l’homme.

Son odeur, sa forme, son goût, sa texture, ses bruits, les effets qu’il peut produire, son potentiel… J’aime qu’il ne soit pas fraichement lavé : propre, mais réussir à sentir l’odeur primaire de son propriétaire, m’en délecter et m’exciter sur cette fragrance si particulière et fidèle à chaque homme. Le savourer aussi, tantôt doux, tantôt piquant de la première goutte, tantôt velours, tantôt chair mouillée… faire courir mes doigts autour de lui, m’attarder sur le gland si sensible, le frein si fragile, sentir l’homme tressaillir sous mes caresses, qui descendent jusqu’à ses bourses, en font le tour, redessinent la ligne parfaite qui se dresse sous mes yeux, ma bouche. En apprécier chaque courbe avec ma langue, le lécher pour en savourer chaque parcelle, le gober et le faire rencontrer mon palais, ma gorge, multiplier les va et vient pour le sentir palpiter dans ma bouche. L’entendre se décalotter avec vigueur et désir quand il m’investit, m’émerveiller encore et toujours de son pouvoir sur moi, sur mon plaisir, sur ma jouissance et le sentir me livrer le point d’orgue de mon excitation, un orgasme intensément sonore.

Mentalement, je crois que je réfléchis souvent comme un homme…

C’est je crois pour cette raison que ma vie sexuelle est si épanouie. La pénétration, si elle n’est pas un but ultime dans mes ébats sexuels et amoureux tient quand même la première place dans mes préférences. Elle est tellement variée et variable qu’elle représente mille actes sensuels à la fois. Et ce sentiment de puissance, de domination, que doit ressentir un homme lorsqu’il entre dans un sanctuaire féminin, le plaisir de diriger d’une baguette de chef d’orchestre confirmé les sensations de sa partenaire, par le rythme d’un déhanché, la force de quelques abdominaux, la profondeur d’une queue. Quelle intensité dans cet acte tour à tour tendre et animal, charnel et cérébral, une intensité que j’aimerais éprouver, dans tous les sens du terme. Prendre à mon tour, un homme de préférence. Goûter à cette explosion des sens de l’autre côté du tableau, en être la maitresse de cérémonie, user et abuser de ce pouvoir de pénétrer à ma guise. Et faire ressentir également. L’amplitude de la possession, qui se déroule des pieds au sommet du crâne lorsque nous sommes pleines d’une raideur masculine, l’abandon à un sexe qui  n’est pas le nôtre et qui nous procure pourtant tout autant que notre intimité lorsque nous la sollicitons. Ce plaisir de se laisser aller au bon vouloir de l’autre, pour finir par reprendre le cours des évènements en main, par le biais d’encouragements ou de changement de position. Faire découvrir à l’amant le bonheur de se donner entièrement, tout simplement.

Nocturne (1)

Les vagues viennent lécher ma peau encore sèche, langoureusement, tièdes et douces. Immergée jusqu’à la taille, je m’amuse de la couleur ocre de l’eau, légèrement mordorée par endroit. L’écume scintillante et aérienne est un régal pour les yeux. L’eau m’entoure et me remplit, je la sens titiller mon intimité au rythme de ses flots. L’air est moite, la nuit violette donne une teinte magique à ce moment si… particulier. L’eau s’immisce maintenant en moi, avec tact et fermeté. Un doigt d’eau me caresse à l’intérieur et je sens mes fluides se mélanger au liquide salé. Je cligne des yeux, les images se télescopent.

Dans la pénombre de la pièce, je sens juste son odeur qui m’enveloppe. Son bras passé par dessus ma taille bouge imperceptiblement. Il accompagne les mouvements de sa main posée plus bas, beaucoup plus bas. Il fouille mon sexe d’un doigt tendre et aventurier. Dos à lui, je me remémore les images encore parfaitement ancrée dans mon esprit, respire l’iode imaginaire restée dans mes sinus, profite de la sensation tiède de cette vague d’apparence humaine.

Son souffle excite mon oreille et sa bouche ne tarde pas à trouver le grain de mon cou. Ses baisers se font mouillés, sa langue joue avec ma chair de poule comme une anguille chasserait du plancton. Je sens son désir contre mes fesses. Il continue son petit manège et sait parfaitement jouer avec mes sensations : il plonge, le plus loin possible, pour ressortir frotter son doigt contre ma fente, ce qui ne manque pas de me faire tressaillir, puis retourne dans la moiteur de mon envie.

Alors que sa bouche parfait le mouvement de sa main, je continue à me réveiller et les soupirs se font plus sonores. Le plaisir monte, petit à petit, et je n’ai rien envie de faire pour intervenir. Ni pour augmenter la tension, ni pour l’apaiser. Juste l’ambition de prolonger ce rêve sensuel qui m’a parfaitement mise en condition. Qu’il profite de moi encore, alors je ne cherche pas à conceptualiser ce qui se passe. Je m’abandonne, profite de ce demi-sommeil pour n’en prendre que l’essence sexuelle.

Je le sens mordiller le lobe de mon oreille et l’entends me chuchoter un mot d’amour. Je soupire d’aise, ondule mon bassin, timidement, somnolente. Son sexe se fait plus hardi et se cale dans ma raie, séparant mes fesses d’un mouvement efficace. Il titille mon anus de son gland, j’ouvre la bouche pour lui dire quelque chose mais mes cordes vocales ne fabriquent pas le son. Je me contente de glisser ma main sur ses fesses, poussant son bassin contre le mien, maintenant mes yeux fermés.

Il se recule, me tourne doucement sur le dos, écarte mes jambes et s’allonge sur moi. Il aime faire jouer sa queue à la surface de mon sexe, pour faire enfler mon désir. Je gémis faiblement, j’entrouvre les yeux, je le vois sourire. Ce sourire conquérant que j’aime tant, satisfait et comblé à la fois. Je replonge dans les semi-limbes de mon expérience quasi tantrique. Il force mon intimité, lentement, sans réelle précaution mais sans me faire mal non plus. J’aime ce moment entre l’animalité et l’égard. Un concentré de plaisir en quelques secondes de pénétration.

Sa verge entre en moi, s’accrochant parfois à mes peaux, retrouvant toujours le glissement nécessaire grâce à mes sucs. Il me remplit de toute sa vigueur nocturne et ne bouge plus pendant un bref instant, juste le temps de se contracter au creux de moi, que je sente la chaleur de son membre se mélanger à celle de mes entrailles. Il niche son nez dans mon cou, me respire, me lèche, puis me susurre un compliment totalement renversant. Je m’ouvre encore plus, l’invite à poser une cadence, empoigne la peau de son dos avec toute la force que mes mains peuvent avoir dans ce sommeil perturbé.

Alors qu’il va et vient en moi de plus en  plus vite, de plus en plus fort, je lui lacère le dos. Il en grogne de surprise puis de plaisir, ce qui redouble l’ascension de ma spirale de jouissance. Elle s’enroule avec ardeur, diffusant sa tension dans mon corps tout entier, je pose mes mains sur ses fesses, les yeux toujours clos. L’orgasme me terrasse, emmenant avec lui le peu d’énergie que j’avais réussi à réunir depuis le début de nos ébats. C’est à une poupée de chiffon qu’il fait honneur, lui offrant  sa semence dans un long râle, comme un trophée donné dans un souffle inspiré.

Les sept vérités (1)

Je surfe, je lis, je vois qu’on m’alpague, pour un jeu fort intéressant… il s’appelle “les sept vérités”. Tout un programme vous en conviendrez… Sept, ce n’est pas assez ! Et pourtant, je dois bien m’incliner et traiter le sujet donné avec ses contraintes imposées et délices annoncés.

Alors pour ne pas dénoter, je vais jouer avec les mots, les impressions et les envies d’une autre. Celle qui m’a épinglée comme un joli papillon qui passait à sa portée va se voir transformer en muse malgré elle (est-ce un si terrible châtiment pour avoir voulu me capturer ?).

Sept vérités, sept tableaux, crus ou doux, poétiques ou réalistes, salés ou sucrés, tour à tour sensuels, sexuels, voluptueux. Voici les trois premiers, qui commencent donc ainsi…

Je suis une amoureuse…

De la vie, des autres, de l’Homme, de l’homme… Aimer pour mieux vivre, pour mieux ressentir. Aimer pour vibrer, murmurer, soupirer, crier son plaisir. Aimer pour donner, prendre, échanger, offrir, recevoir. Aimer pour être pleine, de vie, d’envie, de moi, de lui. Aimer pour le sentir me respirer, laisser son souffle errer sur ma peau. Aimer pour l’entendre jouir, palpiter au fond de moi, de tout son cœur, de tout son corps, de toute sa queue. Aimer pour le voir se réaliser dans nos ébats, le voir grandir dans nos fantasmes, le voir jouer avec nos désirs. Aimer pour goûter aux fruits défendus, pour découvrir d’autres épidermes, pour lécher le sel des échanges. Aimer pour laisser mes organes communier, mon cœur et mon cul, ma tête et mon sexe, mes tripes et ma bouche, ma peau et mes doigts. Aimer pour rendre chaque caresse orgasmique, vivre des états extatiques permanents, pour que le déploiement d’énergie nécessaire à tant d’émotions me laisse sur les genoux, face à lui, debout, son sexe à la main…

J’ai déjà eu un orgasme au travail…

J’étais arrivée peu après huit heures pour bénéficier du calme de l’endroit. Les trente postes du plateau réduisaient les possibilités d’intimité quand il fallait s’attaquer à des dossiers ardus. Mais le charme de l’open space agissait encore sur notre manager, alors… Je me suis dirigée vers la machine à café pour prendre mon breuvage matinal. Le chef de la section informatique était curieusement déjà là. Je me pensais seule à l’étage. Grand, bel homme, un poil taciturne, il parlait peu. Il faisait souvent l’objet des gorges chaudes de mon service qui restaient comme des poules devant tant de mystère. Les scenarii allaient bon train. J’ai toujours eu un faible pour lui et ça se voyait, les œillades, les sourires… auxquels il répondait toujours poliment, sans plus. Jusqu’à ce matin. Il touillait son café quand je me suis avancée pour commander le mien. Tout a été très vite : je l’ai senti derrière moi, de toute sa hauteur, son menton reposant doucement sur le haut de mon crâne, ses deux mains ont commencé à s’activer autour de mes épaules et de ma taille. Alors qu’il penchait la tête pour m’embraser le cou, ses doigts finir sur mes seins, de longues minutes, pendant lesquelles j’ai soupiré très profondément. Puis, il s’est mis à genoux. Il a manuellement investi mon sexe avec une rapidité enivrante. D’une main il a relevé ma jupe, de l’autre écarté ma culotte. Puis avec seulement deux doigts, après à peine quelques minutes, il a su m’arracher des râles de jouissance. Le temps que je me remette de mes émotions, ainsi que mes vêtements en place, je me suis retournée. Il était parti.

Un grain de beauté en forme de croissant de lune est apparu sur mon sein droit…

Chacun de mes amants à voulu en connaître la signification. Mais à personne je n’ai confié le secret de ce croissant tatoué. Il représente le don que j’ai fait à mon amant préféré. Il est en effet apparu le lendemain de mon initiation. La nuit où je me suis offerte de toute mon âme à cet homme sans mauvaises pensées. Le jour déclinait pendant que mes envies croissaient. Il avait savamment orchestré notre rencontre et l’idée même de ne connaître aucune des règles du jeu qu’il avait préparé, m’avait déjà mise dans tous mes états. Je buvais tranquillement ma coupe de champagne au rez-de-chaussée de l’hôtel lorsque le barman me transmit son message. Chambre 502. Avec délicatesse, je remis mes effets en bon ordre dans l’ascenseur, ne pensant qu’aux fines bulles qui finissaient leur travail de détente. Je frappais à la porte mais personne ne répondit. En ouvrant, je savais que je ne pourrais plus faire demi-tour une fois la pièce pénétrée. C’est le cœur léger et les entrailles en feu que je découvris ce que mon amant avait préparé. Il était habillé en costume sombre, avec une jolie chemise blanche. Diable qu’il était séduisant… Puis le lit, avec ses montants sur lesquels des menottes pendaient, la table de nuit qui présentait différents objets dont je ne connaissais pas l’usage pour la plupart…

Mes jouets et moi (3)

Mon ami habite Paris (que de doux souvenirs), et nous avons pour habitude de nous promener dans quelques quartiers précis de la capitale, en appréciant les échoppes et ambiances diverses. Il y a notamment un quartier qui nous mène systématiquement dans une boutique des plus alléchantes, Le Passage du Désir.

Nous aimons y flâner, scruter chaque objet, nous émouvoir des scenarii qu’ils peuvent nous offrir, nous consterner devant des produits dont l’utilisation est vraiment, à nos yeux, tirée par les cheveux, sourire et nous amuser de l’objectif de certains, nous laisser tenter par quelques uns d’entre eux, comme ce soir-là, un oeuf vibrant télécommandé.

Si je ne suis pas adepte de la soumission dans toute sa profondeur, j’aime toutefois ressentir cette piquante excitation qui est celle qui m’envahit lorsque je m’abandonne à ses désirs, à ses fantasmes, à ses exigences. L’oeuf s’est donc imposé à nous tout naturellement. Une oeillade coquine et complice et l’objet de notre convoitise se trouve dans notre panier d’achat. Un petit tour par la galerie des sextoys plus tard, l’oeuf est nôtre, après en avoir payé le prix.

Je suis pressée, j’ai envie de l’essayer dans la foulée. Mais nous prenons le temps d’étudier la chose en détail. Une fois rentrés à son appartement, nous étudions les différentes possibilités de vibrations, la forme et la matière, légèrement oblongue pour l’une et extrêmement douce pour l’autre, ainsi que les occasions de l’utiliser. Un cinéma et un bon restaurant s’annoncent justement peu de temps après…

Le soir prévu, juste avant de partir, je baisse ma culotte, hésite une seconde avant de choisir de le laisser faire. A demi-allongée sur la chauffeuse du salon, j’écarte les jambes devant son nez, le laissant contempler à loisir le chemin à emprunter. Ses yeux dans les miens, il commence à introduire  l’oeuf avec précaution, lequel n’a aucunement besoin d’être lubrifié avant, mon intimité s’en chargeant parfaitement. Une fois bien installé, une vérification s’impose. L’objet fonctionne à merveille.

Je me rhabille et direction le cinéma. L’idée même d’être doucement à sa merci me rend moite. Autant dire que l’absence d’humidité qui aurait pu être le seul frein à ce genre de jeux ne nous pose aucun problème. Je le regarde avec une flamme constante dans les yeux, l’envie qu’il me prenne, là, sur le trottoir, sur la banquette du métro, au milieu de la file d’attente pour la séance, sur le velours rouge des sièges du cinéma. Envie d’être sienne, rapidement, pour combler la chaleur qu’il ne manque pas d’attiser à chaque  vibration surprise.

Il s’amuse, l’air mutin, à varier le rythme des stimulations, me provoquant hoquet et sursaut parfois, toujours un sourire mordillé, des yeux presque mi-clos. J’apprends à maitriser les sensations, pour ne pas passer pour une vraie folle aux yeux des passants, mais la totalité, c’est impossible. Les vibrations vont tellement loin, parcourant les terminaisons nerveuses si nombreuses dans mes chairs intimes, utilisant l’intégralité de mon sexe comme terrain de jeu.

J’arrive tant bien que mal à suivre le film, il a la galanterie de se contenter de réveiller le feu qu’à deux ou trois reprises. Ma main sur son pantalon, je me  garde bien de ne pas lui rendre pareille, enfin, tout au moins avec les moyens dont je dispose. Seulement, lui masser l’entrejambe n’est rien comparé à la chaleur qu’il fait monter en moi. Je finis par tenter de reprendre le contrôle, mes gémissements devenant de plus en plus sonores. En vain.

J’aime son sourire quand il est spectateur et acteur de mon excitation sexuelle. Un sourire enivrant, prometteur des pires rapprochements, mais nous avons encore un diner à honorer. Il me propose de rentrer directement. Je soupèse mentalement le plat qui m’attend et le corps à corps qui s’annonce. Estimant que le second aura quoi qu’il arrive lieu, notre prochaine destination sera le restaurant.

Il y a une touche d’humour dans cette expérience. L’oeuf n’en fait qu’à sa tête… il est de temps en temps impossible de l’arrêter. Mon regard toujours de braise se fait faussement suppliant dans ces moments-là et amuse grandement mon partenaire. C’est au restaurant que nous vivons le plus haut de son impudence. Grisée par le cocktail maison, je ne retiens plus aucun son de ma bouche, ni n’en contrôle le volume. Il finit par réussir à arrêter les vibrations avant que les clients ne se retournent tous sur moi. Nous ferons le remake non simulé de Meg Ryan une autre fois…

Sur le chemin du retour, il essaie à nouveau, cela fonctionne, la plupart du temps, et sinon, la durée des vibrations me met dans un tel état que je le prends à pleine bouche, l’un et l’autre accrochés à l’une des barres verticales de la rame. J’attrape sa main libre, pour lui faire toucher la naissance de ma poitrine sur mon décolleté. Il est tard, peu de monde alentours, je lui presse sa main contre mon sein tout en esquissant des gestes de moins en moins discrets sur le gonflement de son pantalon.

Nous arrivons enfin au pied de son immeuble, la délivrance est proche. Non pas celle de l’oeuf qui sortira de son cocon moite et brûlant, mais celle de mon désir qui ne cesse d’enfler depuis plusieurs heures. Je suis dans un état d’excitation proche de la furie sexuelle, je m’agrippe à son col quand je lui fourre ma langue dans la bouche, juste avant le sas d’entrée, me hisse sur la pointe des pieds, manque de planter mes ongles dans la peau tendre de son cou. Il me retient les mains et ouvre finalement la porte.

Le temps de monter les escaliers est mis à profit, ses mains sur mes fesses, son index dessinant des allers et retours sur ma fente encore couverte de tissu, je ne suis plus que braise. Je l’arrête à maintes reprises sur les marches pour me presser contre lui, onduler mon corps contre le sien. D’autorité, il me recentre sur notre destination, mais je continue à trépigner devant la porte de son appartement. Il ouvre enfin. Je n’attends pas d’être dans le salon, la porte encore ouverte, je le déshabille dans le couloir. Son pantalon à baisser, son boxer, alors qu’il enlève comme il peut ses chaussures et chaussettes. Je déboutonne sa chemise, il enlève mon haut, je lèche la peau de sa poitrine, il sort un de mes seins de sa prison de tissu…

La chambre des Secrets (2)

J’ai envie de lui.

Il passe la porte de la chambre, et s’apprête à s’installer sur son ordi pour finaliser un téléchargement, mais à son passage devant moi pour fermer les volets, je lui lance une oeillade avec un sourire mutin qui l’arrête dans son élan. Il reprend ses esprits et termine la tâche qu’il avait en vue puis s’approche de moi. Il attrape ma main tendue, s’agenouille, et dépose un baiser léger sur mes lèvres. J’y engouffre avec toute la force de mon désir une langue tendue par l’ivresse du scenario déjà bien avancé dans mon esprit.

Une longue danse des langues et des papilles s’ensuit, faisant grimper mon excitation d’un cran et préparant doucement la sienne. Je lui tends ma joue, mon cou, la naissance de ma poitrine, comme d’habitude. Je raffole de ces baisers déposés plus ou moins farouchement sur ma peau, au creux même de mes points névralgiques. Je lui mets la main au paquet et constate que son sexe se réveille tranquillement. Je lui demande de quelle manière il me prendrait, là de suite. Sa réponse me fait de l’effet. Beaucoup d’effets.

Je glisse une de mes mains sous la couette prendre la température déjà mouillée de mon entrejambe. Je m’efforce de dégrafer son pantalon en même temps, puisqu’après avoir remarqué mon petit manège et ne voulant pas rester sur le bord de la route, il s’est étendu à mes côtés. J’y arrive tant bien que mal (fichu cran de ceinture), je commence à le caresser de la main gauche, tout en introduisant un doigt dans mon intimité de l’autre main.

Je l’entends gémir de temps à autre. Je n’y tiens plus : son érection en plein essor me donne envie de le gober, de le lécher, de le sentir tout contre ma langue, palpitant de désir, gonflant, se raffermissant au contact de mes muqueuses, grandissant encore, gorgé de plaisir partagé. Je peux encore le prendre presque entièrement dans ma bouche lorsque je le laisse aller loin, mais ça ne va pas durer. Je profite de sentir mon menton pouvoir encore toucher la peau de l’aine, tout en lui massant les gonades.

Sa main autoritaire dans mes cheveux, son excitation grandit, sa queue également. Son diamètre emplit copieusement ma bouche et là encore, je regrette de ne pouvoir lui faire part de mes sensations autrement qu’en gémissant. Je lâche ma proie et recommence à le caresser. Je me rallonge, il se pose sur moi, puis me reprend la bouche et se frotte contre mon corps. J’aime cet instant qui précède la pénétration. Les regards qui se défient et s’aiment, le bas des corps qui ondule, en attente, piaffant d’impatience.

Il me prend, doucement, lentement, comme il aime le faire pour entrer en moi. Chaque nouvelle possession a le même goût : celui de l’inattendu et du recommencement. Une sensation que nous partageons et qui nous est chère. Il va et vient en moi aussi facilement que d’habitude, grâce à l’humidité dont je fais systématiquement preuve quand je suis d’humeur sexuelle. Il m’attrape les jambes pour les lever haut et s’enfoncer encore plus en moi. Le sentir buter contre ma peau intérieure me met dans tous mes états. S’échappent un cri de ma gorge et un spasme de mon sexe.

Il redescend mes jambes dans un mouvement souple et précis, puis les replie contre ma poitrine pour y prendre appui de ses mains. La position est puissante. Mon clitoris, mis de cette manière en exposition parfaite, reçoit les frottements de son pelvis et en vibre de plaisir. Les sensations sont fortes, et bien que ma respiration s’amoindrit, je suis proche de la jouissance. Il ralentit la cadence, me laisse libre de baisser mes jambes, ce que je fais avec précaution pour ne pas entamer la charge d’extase accumulée.

Nous sommes collés l’un  à l’autre, échangeons des baisers voluptueux pendant qu’il continue à aller et venir en moi. Je l’enserre grâce à cette position relativement banale mais d’une grande efficacité sur lui comme sur moi. Plus ses mouvements se font amples et profonds, plus je l’entends approcher de la félicité. La peau de son sexe est largement travaillée lorsque nous faisons l’amour ainsi et le sentir se tendre, voir son visage se transformer finit de me transporter.

Je relève mes jambes, les enlace autour de son bassin pendant quelques minutes, lui arrachant un sourire au milieu des soupirs, puis je pose mes mains sur ses fesses, signe que la jouissance approche pour moi. Je prends la main et gère à présent le tempo de notre réunion. Je plie légèrement les genoux pour augmenter l’angle de pénétration afin que ses coups de rein soient encore plus efficaces. L’extase arrive, tourbillonne, prend possession de mes entrailles et le contrôle de mon corps.

J’accompagne ses mouvements du bassin pour encore mieux vivre le point culminant de mon plaisir. Je vibre, râle, griffe, lacère, tend mon cou en arrière comme pour me libérer de son emprise tout en plaquant mes mains contre son cul en l’invitant à maintenir le mouvement. Mon corps se délecte, se cale contre le sien, les derniers soubresauts font trembler mes jambes alors que je profite des ultimes contractions de mon sexe.

Le silence nous enveloppe. Il ne s’arrête pas. Je repousse son torse pour qu’il entre en moi avec force et bruit. Ses mains posées de part et d’autre de ma poitrine, les bras tendus, il fait claquer sa peau contre la mienne, son sexe se décalottant avec vigueur et promesse d’une extase imminente. Mais pas encore, détendue par ma propre jouissance, je prends les commandes. Enfin, pas pour longtemps…

Je me dégage de son étreinte et me retourne pour lui présenter mes fesses. L’envie qu’il plonge en moi sa virilité de manière bestiale, qu’il m’attrape les hanches en y plantant ses ongles tout en me travaillant avec vigueur. Il enfonce sa verge sur toute sa longueur, je râle dans un relâchement d’air qui dure une éternité. Il m’attrape soudain le bras droit, puis le gauche, avec détermination et fermeté. Il me maintient ainsi les poignets croisés pendant quelques instants, s’appuyant dessus, ce qui ne manque pas de réveiller mes instincts de soumise sexuelle et d’augmenter mon excitation déjà sans pareille.

Après plusieurs immersions, je le sens s’immobiliser au fond de moi et attraper quelque chose à côté de lui. J’en profite pour libérer mes seins qui s’étaient retrouvés écrasés par la répétition ardente des mouvements. Tout en gardant les poignets croisés dans le dos. Une douceur m’enlace les doigts, remonte lentement jusqu’à mes avant-bras, puis se tend autour de mes poignets. Il m’attache. Je ne peux me retenir de gémir. J’aime cette idée, j’aime qu’il la réalise, j’aime lui appartenir.

Je le lui dis. Je le lui souffle. J’expire des suppliques d’offrande : qu’il me prenne là, maintenant, tout de suite, qu’il entre en moi, qu’il prenne possession de ce qui est à lui. Il me demande où… Je suffoque, je me consume, qu’il le prenne, ce Graal auquel il tient tant. C’est à lui, je le lui répète à l’envi. Je m’offre corps et âme, je m’offre coeur et cul. Je m’offre… je sens le lubrifiant couler le long de ma raie. Je l’entends appliquer le baume sur son sexe, je frémis, j’appréhende, je m’impatiente, tout à la fois.

Il cherche son chemin, prend ses précautions, arrive tout en douceur. Il commence à pénétrer lentement mon anus, m’ouvrant délicatement malgré le format plus que convenable de sa verge. Je le sens s’enfiler au plus profond de moi, je vis sa progression par chaque cellule de mes chairs ultra vascularisées. Chacun de ses tremblements de plaisir trouve un écho en moi. Je murmure des “oui”, des “non”, il n’en tient pas compte et il fait bien. J’aime qu’il ne me demande pas mon avis. Je lui appartiens.

Jusqu’à la garde. Maintenant, il va pouvoir disposer de mon cul comme bon lui semble. Et il ne s’en prive pas. Je ne peux me retenir de l’appeler, encore et encore, je suis au bord d’exploser, il m’allume comme un millier de feux de Bengale. Des couleurs passent derrière mes paupières closes, celle que je devine du foulard qui me lie les mains, celle qui s’imposent à moi quand je le sens buter contre mes fesses, celles qui m’annoncent qu’un nouvel orgasme se prépare. Les sensations sont indescriptibles, le plaisir si intense…

Il va venir vite. Je crie, il râle, j’appelle sa jouissance, il soupire. Il me prend si vite, si fort, si délicieusement que j’ai envie que ça ne s’arrête jamais. Ambivalence de le sentir s’abandonner en moi et de maintenir l’instant. Il jouit fort, vibrant le long de mon périnée, poussant des cris étouffés si excitants. Je sens chaque giclée comme si le bout de ma langue était collée à la base de son sexe. Sa jouissance n’est pas la même quand elle arrive dans ma bouche, sur ma main, dans mon sexe ou mon anus.

Cette dernière est animale, puissante, mais aussi délicate et sensitive. Ce que j’apprécie le plus quand il jouit dans mon cul, c’est la manière dont je peux ressentir chaque tressaillement, chaque pulsation, comme si je vivais moi-même l’éjaculation. Il me souffle son amour du bout des lèvres, dans une expiration de béatitude, puis se pose de tout son poids sur moi, ce qui ne manque pas de m’arracher une énième contraction de plaisir. Je sens ses lèvres fraiches se poser dans mon cou. Sa main me dégage le visage, recouvert par mes cheveux longs qui ont valsé pendant notre fougueuse union, puis il me picore de baisers.

Tendresse… Animalité… Fantasme… Soumission… Plaisir partagé…

Sensations (1)

Il est loin. Et comme à chaque fois quand il est loin, l’envie ne se calme jamais. Pas une seconde de répit. Normal, il n’est pas là pour l’apaiser, cette envie toujours en éveil, qui s’épanouit dès que mes pensées s’envolent vers lui. Jamais un homme ne m’a autant stimulée, même à distance.

L’ouïe par exemple…

Le simple fait d’entendre sa voix dans le creux de mon oreille, diffusée par un combiné téléphonique ou son souffle directement envoyé sur mon lobe, m’électrise. Après quelque temps, les choses du quotidien peuplent nos conversations, bien entendu… mais lorsqu’au détour d’une phrase, d’un mot, une amorce de rire se fait entendre, une expression qui lui est propre est lâchée, mes neurones s’emballent. Je suis très sensible aux sons, certes, mais il a ce petit je-ne-sais-quoi qui fait la différence.

Lorsque sa langue se délie et qu’il me murmure ses envies, je décolle. Il m’emmène, par la simple force de ses mots, aguicheurs et doux à la fois, dans un pays d’attente délicieusement insupportable. Son étreinte vocale a systématiquement le même effet : elle attise mon désir. Il fait jouer son souffle dans mes cheveux, sur ma peau, dans ma bouche, sa respiration donnant le rythme à mes pulsations libidineuses.

Alors que la température monte d’un cran grâce à tous nos  sens conjugués, son vocabulaire se transforme petit à petit, pour devenir plus suggestif, plus sauvage parfois, toujours aussi efficace bien entendu. Ses prémonitions quant à nos exploits à venir, ses fantasmes qu’il conserve précieusement inassouvis, les images qui défilent derrière le désir qui s’anime dans son regard, dans ses gestes, dans sa voix.

“Viens là…”

“Tu es à moi…”

“J’aime sentir ta peau frissonner…”

“Oui, comme ça, ne change rien…”

L’avoir dans ma bouche ne me prive que d’un plaisir, celui de communier par les paroles avec lui. Ponctuer chacun de ses gémissements par l’expression de mes propres pulsions, qui deviennent animales dans ces circonstances. Le sentir se tendre sous l’effet de ma langue, l’entendre râler quand je l’engloutis presque, ordonner, une main accrochée à mes cheveux, de continuer, le deviner, plus que l’entendre, soupirer de plaisir intense… le pied intégral.

“J’ai envie d’être en toi…”

“Ton odeur… tu m’enivres…”

“Bouge ma belle, montre-moi que tu aimes…”

“Te prendre est si bon, je ne sais pas si je vais attendre…”

Accompagner notre réunion de mots si simples et excitants à la fois, voilà ce qu’il sait faire. Jamais vulgaires, parfois trop sages, toujours adéquats. Je lui réponds sur le même ton, de temps à autre avec des termes plus osés, et quand le plaisir est à son paroxysme, ou proche de l’être, il n’y a que mes râles qui peuvent se faire l’écho de ses interventions verbales.

Ma jouissance s’annonce, je le lui dis, alors il active ses mouvements sous le claquement de mes mains, et adapte le rythme de son flot de paroles, d’un timbre grave, prononçant chaque mot avec une lenteur calculée, m’invitant à m’abandonner avec délectation, scrutant la moindre de mes réactions, suscitées par les sons qu’il m’envoie avec tant d’amour et de désir. Je me lâche, l’orgasme explose avec mes cris non contrôlés, mes mouvements saccadés, je le vois sourire et prendre le retour de toute l’intensité des sensations qui m’habitent à ce moment précis.

Le calme revient, avant la prochaine tempête, la sienne. Il reprend ses mouvements, les intensifie, augmente l’amplitude, claque sa peau contre la mienne, me faisant frôler une autre extase, se préparant à jouir au plus profond de moi. Sa respiration change, il ne peut plus retenir ses gémissements qui se transforment rapidement en râles dévastateurs quand je m’approche de son oreille pour mieux lui communiquer mon plaisir, par le biais de mon souffle, ma voix, ma langue. Il arrive parfois à glisser un mot tendre, une phrase plus ou moins construite sur l’évènement imminent, puis vient enfin en moi, accompagnant sa libération par un mélange de sons indescriptibles mais d’une puissance phénoménale.

J’aime l’intensité de nos échanges oraux, quels qu’ils soient… de la conversation banale à l’excitation sexuelle en passant par nos préliminaires qui n’en sont plus…

Mes jouets et moi (2)

J’aime jouer. Non, c’est plus que ça. C’est comme un appétit maladif. Plus je joue, plus j’ai envie de jouer, et de grimper des niveaux (et aux rideaux, mais c’est une autre histoire). C’est comme le sexe en fait. Plus je le fais, plus j’en veux, et pas qu’en fréquence. Alors quand le complice de mes nuits m’a proposé de faire un tour dans la “boutique pour adultes” qui s’offrait à nous, je n’ai pas hésité une seconde (en fait, je crois même que c’est moi qui ai poussé la porte alors que nous ne faisions que regarder les vitrines).

On a fait le tour du magasin dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, prenant le temps de regarder les huiles de massage, les jeux idiots et tenues de fantasmes. On est passés devant les bougies et articles de lingerie à manger, quand une exposition sur différents instruments de plaisir a attiré notre attention. C’est de cette manière que nous avons appris des choses intéressantes, peu que nous ne connaissions pas à vrai dire, mais je dois bien avouer que le Ginette et le plug anal masculin étaient des nouveautés pour mes yeux.

Proches de la sortie, nous sommes tombés nez à nez avec ce qui allait devenir notre nouveau jouet. Les boules de geisha. Différents modèles, différentes teintes, mon compagnon de jeu m’a rapidement demandée de choisir les miennes, après s’être assuré que ce genre d’instruments pouvait m’intéresser (cette question !). J’ai immédiatement porté mon choix sur une paire bicolore girly total fashion (oui, voilà, vous l’aurez deviné, il y a du rose et du fushia dans l’histoire). L’idée n’était pas forcément de les utiliser tout de suite. Au départ.

Une programmation culturelle prévue plus tard dans la soirée nous confinait dans le quartier tout en  nous laissant quelque temps libre devant nous. Remplis de nos ébats du matin, nos estomacs, eux, n’avaient pas vu l’ombre d’un aliment depuis le brunch que l’horaire tardif de notre sortie de chambre nous avait imposé. Nous avons donc décidé de grignoter quelque chose en attendant notre rendez-vous théâtral. Je me suis laissée trainer dans une crêperie déjà connue de l’homme, et aux produits délicieux, il faut bien l’admettre, ainsi que des toilettes accueillantes, tout au moins pour ce que j’y suis descendue faire.

Profitant subtilement de l’absence de mon amant dans ces mêmes lieux, j’ai fébrilement plongé la main dans le petit sac en papier blanc, déchiré l’emballage des boules tant convoitées et les ai glissées dans la poche de ma chemise… prétextant l’envie pressante classique, je suis partie me remplir de ces mystérieuses boules de plastique, après les avoir nettoyées à l’eau savonneuse (ne négligeons pas l’hygiène tout de même… (sourire) ). Tellement excitée à l’idée de les introduire, de les porter et de ressentir la nouveauté, elles ont littéralement plongé en moi.

Je suis remontée le rose aux joues, prise d’une bouffée de chaleur (les vraies, celles qui vous donnent le feu au fesses) à défaut d’autre chose, alors que mon partenaire avait déjà deviné et vérifié ce que j’étais partie faire, en ouvrant le fameux paquet blanc. “Tout s’est bien passé ?”. Je ne pouvais répondre que par l’affirmative et nos sourires et regards complices se sont éternisés un peu plus que de raison. Après avoir réglé l’addition, direction le quartier de destination.

Je vais vous confier un secret : les boules de geisha, c’est carrément incroyable. Au début, elles étaient placées un peu bas. Au fur et à mesure de mes pas, elles se sont engagées plus profondément, trouvant leur place comme… naturellement. Leur cliquetis intérieur à chaque mouvement cadencé, la sensation d’être prise sans interruption, légèrement et pleinement à la fois. La lourdeur à la montée des marches, la stimulation à la descente. De nouvelles sensations, complètement folles et affolantes. J’ai passé plusieurs heures à les découvrir une à une.

Une fois arrivés dans la salle de spectacle, nous avons disposé les manteaux de manière à pouvoir nous  caresser sans choquer notre voisinage (oui, il nous arrive d’être pudiques, si tant est que nous ne soyons pas dans un cinéma ou un jardin public du Sud…). Et là, aux premiers traits d’humour des comédiens, j’ai découvert une saveur supplémentaire à ce gadget si connu. Le rire amplifie tout, et je vous assure que dans ces circonstances  aussi. Le regard mi-amusé mi-concupiscent de mon compagnon me donnait des envies de lui tordre le cou tout autant que celles de le prendre immédiatement. Après quelques baisers mouillés et profonds pendant l’entracte, j’ai vainement tenté de contenir les flux qui se succédaient.

A la fin de la représentation, direction le restaurant. Pendant tout le chemin, mon amant était excité comme jamais, tantôt me lorgnant du coin de l’oeil, tantôt m’arrêtant brusquement pour plonger sa langue dans ma bouche. Je le sentais frustré de ne pas pouvoir vérifier immédiatement les effets produits par notre nouvelle acquisition et malgré la patience qui le caractérise la plupart du temps, je le sentais fébrile à l’idée de rentrer jouer avec moi. La chaleur intérieure s’était diffusée dans tout mon corps, jusqu’à mes joues qui étaient devenues cramoisies.  J’avais alors l’impression que tout le monde pouvait lire le désir dans mes yeux fièvreux, dans le regard gourmand de mon partenaire, dans les gestes sans équivoques : ma main sur son sexe, par dessus son jean, son pied sur mon entrejambe, sous la nappe…

Il était temps de rentrer. Les vibrations du métro sont diaboliquement efficaces dans ces conditions. J’étais tout de même soulagée d’arriver, la surstimulation étant épuisante. Je ne me souviens plus si l’épisode “cage d’escalier” s’est déroulé ce soir-là… peu importe, j’y reviendrai une autre fois. Une fois installés dans son appartement, nous sommes passés aux choses sérieuses, à même la moquette de sa chambre. Encore vêtue de mon haut, mes jambes libérées de leur prison de tissu, mon sexe à l’air libre, les jambes écartées devant lui, je me suis offerte.

Mon compagnon a d’abord joué avec le cordon, faisant tourner les boules dans mon intimité, doucement, lentement. Le sentir gérer les mouvements de ce qui me stimulait librement depuis la fin d’après-midi a fait grimper mon niveau d’excitation. Je sentais ses doigts s’emmêler dans le fil et mes poils à la fois, glissant, tournant, louvoyant. Il les a tout d’abord enfoncées davantage, puis les a fait descendre précautionneusement. Les bruits de succion qu’ont fait chaque boule en sortant relevaient de l’excitation la plus brute. Mais ce n’était rien à côté de l’image de mon amant en train de lécher les boules de geisha, ses yeux plantés dans les miens. Je l’ai dévoré à pleine bouche… et autrement.

Je les ai remises de temps à autre, accompagnée ou non, pour avoir des sensations, jouer avec mon corps.. ou avec une webcam. Elles font partie de mon attirail, que j ‘espère enrichir encore et toujours, et pas seulement pour le plaisir de vous abreuver de nouvelles histoires à mouiller debout…

Mes jouets et moi (1)

J’ai toujours été une adepte du naturel. Dans bien des domaines, je préfère le fait-main, le fait-maison, plutôt que l’industriel ou le prêt-à-consommer. je ne suis pas une intégriste en revanche, non. Et en tant que personne très large d’esprit, relativement ouverte vers son prochain, ses idées et ses lubies, lorsque nous en sommes venus à discuter godes et vibromasseurs, ma curiosité a été titillée plutôt que mon honneur bafoué.

Au détour d’une conversation msn si je me souviens bien… nous avons abordé l’un de nos sujets favoris, les pratiques sexuelles. Tout y passe quand nous nous y mettons, les classiques comme les plus osées, les solitaires comme les accompagnées. J’aime discuter de cela avec lui. Outre la liberté d’expression dont je fais preuve et qui m’excite au plus haut point, son répondant assez inattendu en la matière me donne encore plus envie de jouer.

La question qui est rapidement venue est “oui, mais lequel ?”. En effet, si j’avais essayé une fois un vibromasseur de piètre qualité avec mon amante de l’époque, je n’avais pas franchement succombé à ses charmes (la piètre qualité vous avait peut-être déjà mis sur la voie, remarquez…). J’étais donc résolue à continuer de me satisfaire à l’aide de mon instrument préféré pour mes plaisirs solitaires (très agréable également en duo, mais par le fait déchu de sa position privilégiée… ça vous étonne ?).

Je ne me souviens plus exactement de la suite de la conversation à distance. Les différentes fouilles sur le net sont restées bien présentes à mon esprit en revanche, les échanges d’adresses, de liens, de photos, de descriptifs… j’ai passé quelque temps à éliminer ce qui ne me faisait absolument pas envie, les formes trop artistiques pour moi, les fonctions beaucoup trop avancées pour ce que j’avais envie d’en faire : prendre du plaisir en solo de manière accentuée et aussi (surtout ?) pouvoir jouer avec mon amant, ou plutôt, qu’il puisse jouer avec l’objet et moi.

Après des recherches pour le moins agréables et étonnantes, durant lesquelles nous avons également évoqué d’autres envies, à assouvir plus tard, j’ai finalement eu un coup de foudre. Je l’ai trouvé sur un site dédié assez réputé, à l’ambiance feutrée bien pensée. Sa forme, sa taille, sa largeur, sa texture, sa couleur, son nom, son descriptif, tout m’emballait. Après une discussion sur le sujet avec une amie, j’ai quand même réservé mon choix, histoire de ne pas me fermer de porte pour ce nouvel achat. Mais malgré la superbe publicité faite pour son vibromasseur, j’ai gardé mon idée première.

A peine courbé, légèrement annelé, le gland deviné plus que bien marqué, de dimensions respectables (20 cm pour 4 cm de diamètre), il paraissait doux et souple, de couleur ivoire avec une base pourpre, l’Intensity de son nom m’a tout de suite harponnée, et le détail de ses capacités a fini de me convaincre : rechargeable, silencieux, écolo (!), sans fil ni pile, utilisable sous l’eau… vous n’auriez pas flanché ?

J’ai rapidement trouvé les arguments pour décider mon interlocuteur à passer commande : je le veux ! Il a juste pris le temps de confirmer que le coloris choisi lui plaisait également, et de se renseigner sur les différents sites proposant l’article en question. La commande finalement passée, j’étais curieuse, excitée, en attente. La livraison n’a pas tardé, à son domicile parisien. Il m’en a informée rapidement. Et j’ai fini de m’impatienter pour le découvrir. Malheureusement, les échanges que nous avions eus sur notre ambition de découvrir Intensity à deux n’ont pu se concrétiser pour diverses raisons…

C’est donc seule, chez moi, douillettement installée dans mon canapé, devant un programme télé pour le moins intéressant (une chaîne cinéma câblée, tard, le soir…) que j’ai eu envie de tester la bête. Mon amant avait pris soin de le charger. Souvent attentionné de la sorte, j’avoue que là, je l’ai carrément béni. Excitée par les images qui défilaient sous mes yeux, je ne me serais pas imaginée brancher la bestiole et patienter qu’il soit suffisamment alimenté. Même si mon premier contact s’est fait sans vibration.

J’ai pris le temps de le caresser. Doux, incontestablement. Souple, juste ce qu’il faut. La couleur absolument parfaite, tout comme la prise en main. Je l’ai titillé du bout de ma langue, ne sachant pas très bien pourquoi, obéissant juste à une pulsion soudaine. Les bruits d’action s’intensifiaient à l’écran, je devenais de plus en plus humide, sans même me toucher. Je l’ai fait glisser lentement le long de mes seins, de mon ventre, comme j’aime sentir ses mains le faire, pour laisser ce nouvel instrument de plaisir faire connaissance avec mon intimité.

Le silicone s’est arrêté sur ma toison, agrippant les poils au passage, légèrement, divinement. J’ai continué le voyage plus bas, afin que mon clitoris dise enfin bonjour à son nouveau compagnon de jeu. Excitée par le film en cours, les idées qui germaient à n’en plus finir dans un coin de mon cerveau, inutile de dire que le gel prévu par mon attentionné n’était guère utile dans ces conditions. Et que mon clitoris a réagi immédiatement au léger baiser de celui que nous appellerons plus tard “Monsieur”. Une sensation intense, alors même que je ne faisais rien de spécial, juste effleurer ma source ultime de plaisir avec la nouveauté du jour. C’est peut-être là l’unique raison.

J’étais plus que mouillée. Et le contact du vibromasseur le long de ma vulve intensifiait mon état de liquéfaction. Plus je stimulais mon petit organe érectile, plus je trempais mon compagnon d’un soir à chacun de ses passages. A tel point que lors d’une allée et venue, il s’est invité à l’intérieur de mon sexe. Juste à l’entrée. Juste de quoi me faire gémir de surprise et de plaisir. Je ne l’ai pas laissé là bien longtemps, lorgnant depuis quelques minutes sur une pénétration profonde réalisée par des acteurs expérimentés, je n’avais plus qu’une envie aussi, me sentir pleine.

J’ai plongé d’un seul geste, laissant le vibromasseur emporter avec lui tout le produit de mon excitation, lui facilitant ainsi le passage. J’ai aimé la première, toute première, sensation. Etre prise. Au sens propre. Il était là, bien présent, de toute sa longueur, de toute sa largeur, rien que pour moi, sans un bruit, sans un mot. Et le premier râle de la soirée s’est échappé lorsque ma main a commencé à bouger de haut en bas. Plus je m’activais à faire pénétrer ce membre en silicone en moi, plus mes soupirs se transformaient en gémissements. En bougeant de la sorte, mes doigts se sont arrêtés sur la base de Monsieur, et son petit interrupteur…

Je croyais avoir du plaisir, et j’en avais sans nul doute, mais ce n’est rien comparé à ce que j’ai ressenti une fois le petit bouton enclenché. Je l’ai ressorti de mes profondeurs pour le laisser vibrer contre mes lèvres humides, jouer avec mon bouton à moi, m’électriser des pieds à la tête. Drôles de sensations que celles qui m’ont empoignée ce soir-là. A la télévision, le film pour adultes avait laissé la place à des hentais gentillets… mais évocateurs quand même. Leur bande son est d’une intensité rare, si vous n’aviez jamais fait attention. Inutile de vous préciser que la chaleur est encore montée d’un cran.

J’ai joué avec les vitesses, me rendant rapidement compte que les cadences alternées n’étaient pas pour moi. Un rythme régulier, avec une intensité assez forte, voilà ce qui me faisait vibrer. J’ai continué à caresser mes lèvres, laissant les mouvements rapides du vibromasseur ériger de plus en plus mon clitoris, le rendant davantage sensible, au point de me faire crier doucement. J’ai ajouté des incursions dans mes chairs, pour encore mieux profiter de tout ce que cette verge artificielle avait à me donner.

La fièvre s’est rapidement emparée de moi, comme à chaque fois que le plaisir est intense, incontrôlable et qu’il m’emmène au bord de l’orgasme. Mes mouvements se sont faits plus rapides, moins ordonnés, mais toujours aussi efficaces. De haut en bas contre mes lèvres, de l’intérieur à l’extérieur… j’ai fini par laisser Monsieur me remplir complètement, ne le tenant que par trois doigts, continuant mes va-et-vient cadencés, jusqu’à sentir le serpent s’enrouler autour de mes entrailles, puis grimper lentement le long de ma poitrine, se frayant un chemin jusqu’à ma gorge pour sortir dans une explosion de râles.

L’orgasme est venu, d’un coup, saccadé, violent, déstabilisant, inconnu et intense. Mes jambes ne se contrôlaient plus et s’agitaient au rythme de mes spasmes intérieurs, envoyant eux-même de micro-décharges dans mon système nerveux, que je pouvais sentir jusque dans mes talons. Une expérience unique, de toute beauté, souvent reproduite mais restée inégalée. Un moment qui n’appartient qu’à mon jouet… et moi.

La chambre des Secrets (1)

Des tracas, des coups de gueule, de l’orgueil à revendre et un grand besoin de se détendre… Extinction des feux, donc. Puis un plongeon salutaire dans un lit, bien au chaud, sur des oreillers moelleux. Et accompagnée. Il s’appelle Monsieur. Juste Monsieur. Et comme il n’a pas de bouche pour protester, pas d’autres membres que le central pour s’agiter, on ne lui demande pas son avis.

Exténuée, mais la nécessité de décompresser… comment ? Avec du plaisir. Habituellement, elle préfère, en solitaire, ne faire qu’avec le naturel. Mais ce soir, et ne sachant pas où les envies allaient l’emmener, un petit flacon bleu trouve sa place à côté du lit, pour tenir compagnie à Monsieur, le temps que la demoiselle s’installe confortablement, nue, dans ses draps tièdes.

Un ballet de caresses débute, pour prendre la température de sa peau, de ses envies. Elle fait courir ses mains sur son corps, effleurant ses seins, ses épaules, son ventre, le haut de ses cuisses. Jouant un peu au passage avec les os de ses hanches, de ses côtes, dessinant leur chemin à l’aide d’un doigt. Une légère chaleur monte, savoureuse. Elle attrape Monsieur fermement, lui colle une minuscule noisette, à peine ce qu’il faut pour une exploration en surface, du produit délivré par le flacon bleu. Elle se rend compte au même moment que, comme à son habitude, le gel est superflu dans ces eaux-là. Sa danse manuelle l’a déjà préparée.

D’abord inerte, Monsieur se met à vibrer légèrement entre ses mains. Elle glisse promptement son accompagnateur vers l’endroit qui le réclame tant, complétant une excitation déjà bien installée. Quelques caresses en surface, titillant tout ce qui peut l’être au passage, grâce à des applications verticales douces mais fermes. A l’aide de mouvements bien choisis, une vague de chaleur commence son cheminement intérieur. Son corps ondule imperceptiblement, mais le courant qui l’habite se fait aussi sonore. Elle laisse entendre quelques gémissements de plaisir, fugaces, presque inaudibles.

Lentement, les vibrations continuent leurs effets. Elle devient plus humide encore, s’ouvre, sans même s’en apercevoir. Elle ressent l’air qui chatouille son intimité mouillée, comme un visiteur inattendu. La sensation fait redoubler son excitation. Sa main fait glisser Monsieur directement où il souhaite aller, où elle souhaite qu’il aille, la prenant en profondeur dès la première incursion. Elle en crie de plaisir et de surprise. Un son, unique, fort, chargé de tension sexuelle.

Sa main ne bouge plus, Monsieur calé à l’intérieur, elle laisse les vibrations augmenter la sensibilité de son sexe, tout entier. Elle en augmente sans même y penser l’intensité, envoyant presque trop vite des ondes de plaisir qui la traverse de part en part. Sa main gauche étreint un t-shirt noir et le ramène à son visage de temps à autre, pour qu’elle puisse s’enivrer de son odeur. Sa main droite reprend ses va-et-vient intérieurs. Monsieur ressort prendre l’air, ce qui finit de lui faire cambrer les reins. Elle ne tient plus, ses habiles caresses, longues et appuyées, la mette au bord de l’explosion. L’orgasme est tout proche, mais elle ne continue pas.

Elle laisse glisser sa main et son accompagnateur vers le bas, doucement, le contact du silicone mélangé à ses fluides facilite les mouvements. Elle s’entend râler, à peine plus qu’un murmure, et l’appeler, lui. Elle comprend qu’elle va explorer un endroit qu’elle n’a pas l’habitude de fréquenter seule. Elle prononce son prénom, comme lorsque son souffle réchauffe son cou à lui en donner la chair de poule. Sa main sait parfaitement où elle se dirige, alors avec précaution, Monsieur titille une entrée encore inconnue pour lui.

Avec ses vibrations, c’est tout simplement magique, comme un sésame, rien ne lui résiste. Avant même d’explorer en profondeur, il revient vers le haut, excitant son clitoris, redescend, plonge entre ses lèvres pour ressortir aussitôt, puis descend plus bas encore, une nouvelle fois. Le téléphone se met à sonner, un sms, tendre, plein d’amour… elle soupire. Et un éclair de lucidité lui traverse l’esprit : si elle veut aller plus loin, elle doit prendre les précautions nécessaires.

Elle s’empare du flacon bleu et fait sortir assez de gel pour en imprégner Monsieur de haut en bas, tout en prélevant ce qu’il faut pour préparer le terrain. Elle n’a pas l’habitude de sentir ses propres doigts masser cet endroit et elle est surprise de l’effet procuré. Elle pense à lui, à ce qu’il lui a déjà fait, à ce que ça lui a fait, à ce qu’elle a dans les tripes rien que d’y repenser. Elle n’est plus que fièvre, partagée entre l’envie de l‘appeler, de lui en faire profiter et le désir de vivre cette première expérience seule, juste avec ses propres ressentis.

Elle opte pour la seconde, ne sachant pas très bien comment expliquer ce qui l’a menée jusque là. Et elle entre en action… Après quelques mouvements invasifs, elle se rend compte que la position n’est pas confortable, allongée sur le dos, les jambes (et le reste) ouvert(es), ne facilite pas ce qui la tenaille depuis un petit moment. Elle se met sur le côté, jambes repliées et jointes et elle commence à explorer, doucement. Il y a une résistance, elle reste attentive, elle ressent énormément de choses, frustration de ne pas le partager (finalement), plaisir immédiat, excitation de la suite.

Elle lâche le t-shirt qu’elle avait repris en main pour prendre le téléphone, le repose, ce qui commence à l’envahir est trop fort… il n’y a plus de résistance, et elle le bénit d’avoir eu la présence d’esprit d’acheter ce petit flacon bleu… Elle commence avec un mouvement doux, souple et droit, instinctif. Comme pour ne rien gâcher. Les sensations sont très différentes de ce qu’elle connait habituellement, et en même temps procurent autant, si ce n’est plus, que lorsque Monsieur plonge en terrain connu.

Elle se rend vite compte que tout est facile, elle ne s’y attendait pas, ce qui décuple son plaisir, et lui prend littéralement le ventre, elle s’entend, elle n’est plus du tout silencieuse, ce qui n’arrive jamais lorsqu’elle est seule. Elle prononce son prénom plusieurs fois, comme pour le matérialiser devant elle, là, tout de suite, elle a envie qu’il soit en elle, ici ou par la voie qu’il connait mieux, peu importe, elle a envie de lui. Une pincée de frustration plus tard, elle se rend compte que Monsieur est comme chez lui, et qu’il lui rend son bien-être au centuple. Elle est ravagée de l’intérieur, se met à genoux, à peine consciente de ce qu’elle fait, et commence des va-et-vient longs et doux.

Elle donnerait n’importe quoi pour qu’il soit là, sous elle, à sa place… tout en ne sachant pas comment il réagirait… alors elle continue à se donner du plaisir, sans plus y penser, et tombe sur le lit, les fesses en l’air, toujours plus réceptive. Elle continue ses mouvements, ils doivent être faits tout en douceur, longs, pour que ce soit bon : l’excitation le lui a appris rapidement…

La joue contre l’oreiller, elle libère sa main gauche qui va caresser l’endroit qui la fait grimper le plus vite, faisant gonfler son clitoris déjà bien bandé. Elle sent que quelque chose approche. Colossal. Elle veut être prête pour en savourer chaque seconde, chaque onde. Elle change de main, la gauche continuant ses mouvements longs et doux, la droite plus vive, l’excitant au possible… ce qui se passe alors est indescriptible. En à peine quelques secondes, elle a l’orgasme le plus bouleversant qu’elle ait jamais eu. Des voix imaginaires se mêlent à ses cris de jouissance, de l’électricité se mélange à la chaleur qui l’habite, un tremblement de terre la secoue comme une poupée de chiffon.

Elle en retombe à plat ventre sans plus aucune énergie, les spasmes qui lui contractent le sexe sont d’une intensité incroyable, se diffusent dans tout le reste de son corps, comme de suaves rappels, du plaisir dans le plaisir, des sensations orgasmiques nouvelles, intenses et troublantes. Elle s’endort dans la seconde qui suit, Monsieur dans la main gauche et sa main droite encore entre les jambes…