Une lente respiration donne le rythme à la mienne. Mes yeux sont clos et pourtant, je vois parfaitement le visage du propriétaire du souffle qui impose son tempo. Mon subconscient dessine pour moi les traits fins mais de caractère de l’ovale du visage masculin qui s’esquisse devant, ou plutôt derrière, mes paupières fermées.
Doucement, le crayon descend le long du corps, arrondissant des épaules musculeuses, épousant la forme de cuisses sportives, finissant son trajet sur des chevilles osseuses et solides. Une sorte d’homme idéal se dresse devant moi, sans réel visage, ni couleur de peau, ni même de cheveux. Un personnage qui n’a besoin de rien de tout ça pour me faire de l’effet. Son pouvoir se trouvant ailleurs.
En effet, au milieu de la silhouette, je regarde médusée l’élévation d’un sexe de bon diamètre, qui prend une ampleur conséquente dans mon champ de vision. Mon regard ne peut se détacher de cette verge au garde à vous, conquérante et semblant à disposition. Une main se tend vers moi. Alors sans même relever mes yeux de la queue qui me fait déjà saliver, j’attrape les doigts qui s’emmêlent aussitôt autour des miens. Mon prototype mâle m’amène à lui.
Une douce chaleur irradie de sa forme aux contours doux et puissants à la fois. Ce genre de chaleurs qui vous fait du bien, vous réchauffe tout en nuance, apportant avec elle un soupçon de béatitude. Je ne coupe toujours pas la liaison visuelle : son sexe bandé me touche le ventre à présent, comme un appel, comme une invitation à laquelle je m’empresse de répondre. J’empoigne d’une main de velours la tige qui prend parfaitement place au creux de son nouvel écrin et je laisse les sensations m’envahir.
L’envie sourde, qui pointait son nez au fond de mes entrailles, qui commence à se diffuser partout ailleurs. Le désir, qui brûlait au fond de mes pupilles, qui descend jusqu’à mon sourire qui devient prédateur. Le plaisir, des yeux tout d’abord, qui devient tactile maintenant, très… chaud. Je savoure ce que cette queue dure éveille en moi, à demi-consciente de l’état de somnolence dans lequel je me trouve. Rêve ? Réalité ? Qu’importe, le jeu s’annonce torride et j’ai terriblement envie de relever le défi.
Soudain, une main tiède suit la ligne de ma colonne vertébrale. Du bout des doigts, elle descend vers ma croupe pour caresser mes fesses, leur fente, l’orifice qui y est logé. De but en blanc, il prend les choses en main. Et d’ailleurs, ce n’est plus une mais deux mains qui me caressent à présent. La première toujours à fouiller l’intérieur de mon fessier et la seconde qui effleure mon sein gauche, à la recherche de l’érection de son téton déjà bien ferme. Pendant qu’il s’amuse avec mes cheveux en enroulant une mèche autour de l’un de ses doigts…
C’est seulement après avoir senti une pression juste au dessus de mon nombril, comme l’empreinte de braise d’une envie folle de baiser, que je comprends. Je compte mentalement, rapidement, pour que ça ne perturbe pas le plaisir que cette situation originale me procure, les mains posées sur moi. Il doit y en avoir au moins six. Mon corps commence à chavirer en même temps que mon esprit, je ne prends même pas la peine de me demander comment et pourquoi, je profite juste de l’instant.
Il est bien seul face à moi, aucun doute, et pourtant, je ressens des caresses un peu partout, des doigts qui tentent de forcer une entrée, qui se love dans une autre déjà bien humide, qui danse avec ma langue une sarabande endiablée. Les caresses, quant à elles, sont comme de la soie sur mes seins, sur le bas de mon dos, dans mes cheveux, sur mes joues… six ? Non, plutôt huit… Un désir ardent se répand dans chacun de mes membres. La pénétration tentaculaire dont je fais l’objet m’envoie dans un état second.
Pendant que plusieurs de ses mains parcourent mon corps à la recherche de frissons, les miennes s’agrippent à son corps musclé bouillonnant. Mes jambes tentent même de s’enrouler autour des siennes, je veux m’imbriquer maintenant, je veux qu’il me prenne, qu’il mette un terme à la folie qu’il ne fait qu’amplifier avec ses assauts répétés dans toutes les cavités qu’il a pu investir dans le but de me donner du plaisir.
Son doigt avait fini par s’immiscer dans mon cul, presque tendrement, sans aucune difficulté, comme auto-lubrifié. Il effectue maintenant des va-et-vient en parfaite désynchronisation avec la main qui s’occupe de mon sexe. L’effet n’en est que plus dévastateur. Cette main-là est moins douce, plus brutale, elle est plus rapide aussi. On la dirait sauvage et désireuse de me voir succomber en quelques minutes. Ce que je ne vais pas tarder à faire s’il continue à fourrager dans ma bouche avec ses doigts qui ne forment qu’un cylindre quasi identique à celui qu’il porte au milieu de son anatomie.
D’ailleurs, j’ai très envie de le prendre en bouche, mais je n’arrive pas à reprendre mes esprits. Toutes ces mains qui me parcourent, me fouillent, me caressent, me labourent, ça me fait presque tourner la tête. Pourtant, en une seconde, je me retrouve à genoux devant lui, la tête baissée sur sa queue déjà au bord de mes lèvres. Les mains continuent leur agréable besogne. Je suis toujours prise devant et derrière. Ma bouche l’est aussi, mais par une verge des plus appétissantes désormais.
Elle a un goût indéfinissable. Aux mesures idéales, évidemment, touchant le fond de ma gorge alors que mes narines chatouillent les poils du pelvis qui est à sa base. Je la sens buter contre mes muqueuses alors que le bassin de mon partenaire m’accompagne dans mes mouvements de tête. Ma langue lèche, s’enroule autour de cette queue de rêve. Elle s’acharne sur le gland, titillant le frein plus que de raison, puis redescend lentement le long de la tige que l’on dirait de fer, pour en flatter les bourses contractées par un désir non feint. Je prends mon temps, je déguste chaque parcelle de ce sexe qui m’est donné en pâture.
Seulement, c’est sans compter sur les mains qui sont encore en activité autour de moi. Etrangement, ce sont celles qui prodiguent caresses et effleurements qui vont définitivement mettre le feu à mon corps. Ces doigts effilés dans mes cheveux, cette main qui me tient fermement la tête alors que je suce ardemment, celle qui me frôle le dos sans cesse… puis les deux qui s’activent à l’intérieur de mon corps transperce littéralement mon voile de jouissance qui a terminé de s’installer au creux de mon ventre. Le doigt qui bouge dans mon anus maintient sa cadence lascive, mais les doigts qui s’occupe de mon sexe, eux, ont accéléré leur pénétration.
Rapidement, presque brutalement, l’orgasme explose, emportant avec lui un cri démesuré qui s’échappe de ma gorge pleine de sons aussi gutturaux les uns que les autres. Mon corps ondule, puis se crispe, secoué par des spasmes de plaisir intense, alors que mon sexe ruisselle de sa jouissance puissante. En quelques minutes, la félicité s’empare alors de moi. Mes muscles se décontractent et je deviens pantin.
Je ne suis plus agenouillée devant un sexe dur comme de la pierre, une main devant, un doigt derrière, une multitude de doigts sur mon corps et mes cheveux. Non, lorsque j’ouvre les yeux, je suis allongée dans mon lit, l’homme de ma vie à mes côtés, parfaitement réveillé, sa tête posé au creux de sa main alors qu’il est appuyé sur son coude droit. Il arbore un sourire coquin et des yeux malicieux. Le cerveau encore embrumé, je ne comprends pas tout de suite. Mais les draps humides qui me rendent leur fraicheur quand je bouge pour me tourner vers lui m’éclairent les idées…