Première fois (2)

Bien avant de connaitre cet après-midi de luxure en compagnie de l’Olivier qui fut donc mon premier amant, j’avais déjà tenté l’exploration de mon intimité, avec toute la fraicheur et l’innocence dont on fait preuve quand on est une jeune adolescente.

Avec timidité, précaution et attention, j’ai laissé couler quelques doigts ici et là, mais surtout là, sous la douche, dans la chaleur de mon lit une place, allongée, accroupie, debout… les premières caresses  furent superficielles et douces, comme pour mieux apprécier chaque courbe de ce qui n’était encore qu’un abricot en floraison, avec des pétales à l’intérieur et une humidité naissante.

La pulpe de mes doigts parcouraient chaque vallon, chaque sillon, des plus visibles aux plus protégés. Pendant de longs mois, j’ai effleuré d’un léger voile ce qui deviendrait plus tard l’axe central de mon plaisir. J’ai pu apprendre presque par coeur la cartographie de mes chairs de surface, constater, ici de manière un peu plus scientifique, des différences de taille, de symétries, de  textures, de sensations également.

Lorsque mes caresses furent plus adroites, donc plus efficaces, j’ai découvert les sucs de mon désir. Sans réel étonnement, comme si j’avais toujours su qu’ils se trouvaient là. J’ai alors connu l’envoûtement que procuraient des caresses mouillées par autre chose qu’un jet de douche. Une humidité collante, sensuelle, enivrante. J’ai fait connaissance avec mon odeur intime, qui m’a littéralement enfiévrée. Prendre conscience du pouvoir de ses propres sécrétions sexuelles est une expérience étonnante. Et les bruits…

Forcément, à force de pratiquer la glisse à haute dose, j’ai dérapé… mon doigt, devenu pourtant habitué des lieux, s’était légèrement enfoncé en moi. Un matelas moelleux l’a accueilli, complètement nouveau, totalement hors de ce qu’il pouvait déjà connaître comme matière. J’ai eu un peu peur, je dois bien l’avouer. De l’effet que cet innocent doigt avait pu me faire en entrant ou de l’intensité de ce que j’allais découvrir ensuite, je ne savais pas.

Ce n’est que plus tard, bien plus tard, que j’ai décidé d’aller plus loin. Toujours avec ma main pour commencer, j’ai continué mon exploration sexuelle. Tranquillement, à mon rythme, attentive à chaque émotion provoquée. J’ai glissé plus d’une fois un doigt curieux dans mon sexe de femme en devenir et j’ai aimé ça. Les va-et-vient cadencés ont fait leur apparition et une drôle de sensation de liberté a commencé à poindre.

Peut-être la découverte d’un plaisir que je pouvais me procurer seule, quand je le voulais, ou presque ? Sinon, l’émerveillement de ce que le corps humain pouvait réserver comme surprise ? Ou encore le regroupement des informations collectées dans mon cerveau de gamine et qui commençaient à former un puzzle des plus alléchants…

J’ai voulu aller encore plus loin. Mon sexe, mon doigt, le pommeau de douche, c’était bien joli. Mais ça manquait légèrement d’interdit. De piquant. De saveur dégoulinant de mon intimité. Je me suis donc mise en quête d’un compagnon de plaisir digne de ce nom. Je regardais partout autour de moi, à l’affût de tout ce qui pourrait avoir la forme, et si possible l’hygiène, idéale pour me montrer encore d’autres chemins de plaisir.

J’ai trouvé. Non, pas un jeune homme, pas encore. Loin de moi l’idée, à cet âge-là, de me donner à quelqu’un, même si j’ai « commencé jeune », comme on dit. Non, non, j’avais réussi à mettre la main sur l’objet parfait pour continuer mes explorations sensorielles. Un objet qui m’a procuré beaucoup, beaucoup de plaisir solitaire, avant même que je ne pratique la masturbation comme moyen d’avoir un orgasme. Un très bel objet. Mais ça, c’est mon secret.

Nocturne (2)

Une lente respiration donne le rythme à la mienne. Mes yeux sont clos et pourtant, je vois parfaitement le visage du propriétaire du souffle qui impose son tempo. Mon subconscient dessine pour moi les traits fins mais de caractère de l’ovale du visage masculin qui s’esquisse devant, ou plutôt derrière, mes paupières fermées.

Doucement, le crayon descend le long du corps, arrondissant des épaules musculeuses, épousant la forme de cuisses sportives, finissant son trajet sur des chevilles osseuses et solides. Une sorte d’homme idéal se dresse devant moi, sans réel visage, ni couleur de peau, ni même de cheveux. Un personnage qui n’a besoin de rien de tout ça pour me faire de l’effet. Son pouvoir se trouvant ailleurs.

En effet, au milieu de la silhouette, je regarde médusée l’élévation d’un sexe de bon diamètre, qui prend une ampleur conséquente dans mon champ de vision. Mon regard ne peut se détacher de cette verge au garde à vous, conquérante et semblant à disposition. Une main se tend vers moi. Alors sans même relever mes yeux de la queue qui me fait déjà saliver, j’attrape les doigts qui s’emmêlent aussitôt autour des miens. Mon prototype mâle  m’amène à lui.

Une douce chaleur irradie de sa forme aux contours doux et puissants à la fois. Ce genre de chaleurs qui vous fait du bien, vous réchauffe tout en nuance, apportant avec elle un soupçon de béatitude. Je ne coupe toujours pas la liaison visuelle : son sexe bandé me touche le ventre à présent, comme un appel, comme une invitation à laquelle je m’empresse de répondre. J’empoigne d’une main de velours la tige qui prend parfaitement place au creux de son nouvel écrin et je laisse les sensations m’envahir.

L’envie sourde, qui pointait son nez au fond de mes entrailles, qui commence à se diffuser partout ailleurs. Le désir, qui brûlait au fond de mes pupilles, qui descend jusqu’à mon sourire qui devient prédateur. Le plaisir, des yeux tout d’abord, qui devient tactile maintenant, très… chaud. Je savoure ce que cette queue dure éveille en moi, à demi-consciente de l’état de somnolence dans lequel je me trouve. Rêve ? Réalité ? Qu’importe, le jeu s’annonce torride et j’ai terriblement envie de relever le défi.

Soudain, une main tiède suit la ligne de ma colonne vertébrale. Du bout des doigts, elle descend vers ma croupe pour caresser mes fesses, leur fente, l’orifice qui y est logé. De but en blanc, il prend les choses en main. Et d’ailleurs, ce n’est plus une mais deux mains qui me caressent à présent. La première toujours à fouiller l’intérieur de mon fessier et la seconde qui effleure mon sein gauche, à la recherche de l’érection de son téton déjà bien ferme. Pendant qu’il s’amuse avec mes cheveux en enroulant une mèche autour de l’un de ses doigts…

C’est seulement après avoir senti une pression juste au dessus de mon nombril, comme l’empreinte de braise d’une envie folle de baiser, que je comprends. Je compte mentalement, rapidement, pour que  ça ne perturbe pas le plaisir que cette situation originale me procure, les mains posées sur moi. Il doit y en avoir au moins six. Mon corps commence à chavirer en même temps que mon esprit, je ne prends même pas la peine de me demander comment et pourquoi, je profite juste de l’instant.

Il est bien seul face à moi, aucun doute, et pourtant, je ressens des caresses un peu partout, des doigts qui tentent de forcer une entrée, qui se love dans une autre déjà bien humide, qui danse avec ma langue une sarabande endiablée. Les caresses, quant à elles, sont comme de la soie sur mes seins, sur le bas de mon dos, dans mes cheveux, sur mes joues… six ? Non, plutôt huit… Un désir ardent se répand dans chacun  de mes membres. La pénétration tentaculaire dont je fais l’objet m’envoie dans un état second.

Pendant que plusieurs de ses mains parcourent mon corps à la recherche de frissons, les miennes s’agrippent à son corps musclé bouillonnant. Mes jambes tentent même de s’enrouler autour des siennes, je veux m’imbriquer maintenant, je veux qu’il me prenne, qu’il mette un terme à la folie qu’il ne fait qu’amplifier avec ses assauts répétés dans toutes les cavités qu’il a pu investir dans le but de me donner du plaisir.

Son doigt avait fini par s’immiscer dans mon cul, presque tendrement, sans aucune difficulté, comme auto-lubrifié. Il effectue maintenant des va-et-vient en parfaite désynchronisation avec la main qui s’occupe de mon sexe. L’effet n’en est que plus dévastateur. Cette main-là est moins douce, plus brutale, elle est plus rapide aussi. On la dirait sauvage et désireuse de me voir succomber en quelques minutes. Ce que je ne vais pas tarder à faire s’il continue à fourrager dans ma bouche avec ses doigts qui ne forment qu’un cylindre quasi identique à celui qu’il porte au milieu de son anatomie.

D’ailleurs, j’ai très envie de le prendre en bouche, mais je n’arrive pas à reprendre mes esprits. Toutes ces mains qui me parcourent, me fouillent, me caressent, me labourent, ça me fait presque tourner la tête. Pourtant, en une seconde, je me retrouve à genoux devant lui, la tête baissée sur sa queue déjà au bord de mes lèvres. Les mains continuent leur agréable besogne. Je suis toujours prise devant et derrière. Ma bouche l’est aussi, mais par une verge des plus appétissantes désormais.

Elle a un goût indéfinissable. Aux mesures idéales, évidemment, touchant le fond de ma gorge alors que mes narines chatouillent les poils du pelvis qui est à sa base. Je la sens buter contre mes muqueuses alors que le bassin de mon partenaire m’accompagne dans mes mouvements de tête. Ma langue lèche, s’enroule autour de cette queue de rêve. Elle s’acharne sur le gland, titillant le frein plus que de raison, puis redescend lentement le long de la tige que l’on dirait de fer, pour en flatter les bourses contractées par un désir non feint. Je prends mon temps, je déguste chaque parcelle de ce sexe qui m’est donné en pâture.

Seulement, c’est sans compter sur les mains qui sont encore en activité autour de moi. Etrangement, ce sont celles qui prodiguent caresses et effleurements qui vont définitivement mettre le feu à mon corps. Ces doigts effilés dans mes cheveux, cette main qui me tient fermement la tête alors que je suce ardemment, celle qui me frôle le dos sans cesse… puis les deux qui s’activent à l’intérieur de mon corps transperce littéralement mon voile de jouissance qui a terminé de s’installer au creux de mon ventre. Le doigt qui bouge dans mon anus maintient sa cadence lascive, mais les doigts qui s’occupe de mon sexe, eux, ont accéléré leur pénétration.

Rapidement, presque brutalement, l’orgasme explose, emportant avec lui un cri démesuré qui s’échappe de ma gorge pleine de sons aussi gutturaux les uns que les autres. Mon corps ondule, puis se crispe, secoué par des spasmes de plaisir intense, alors que mon sexe ruisselle de sa jouissance puissante. En quelques minutes, la félicité s’empare alors de moi. Mes muscles se décontractent et je deviens pantin.

Je ne suis plus agenouillée devant un sexe dur comme de la pierre, une main devant, un doigt derrière, une multitude de doigts sur mon corps et mes cheveux. Non, lorsque j’ouvre les yeux, je suis allongée dans mon lit, l’homme de ma vie à mes côtés, parfaitement réveillé, sa tête posé au creux de sa main alors qu’il est appuyé sur son coude droit. Il arbore un sourire coquin et des yeux malicieux. Le cerveau encore embrumé, je ne comprends pas tout de suite. Mais les draps humides qui me rendent leur fraicheur quand je bouge pour me tourner vers lui m’éclairent les idées…

Sensations (2)

Je disais dernièrement que j’aimais sucer… c’est toujours vrai, rassurez-vous ! Simplement, j’aimerais revenir sur les raisons de cet… appétit particulier. Très sensible à l’ouïe, vous vous en souvenez sans doute, je suis également réceptive à ce que peuvent percevoir langue et papilles. Suivez-moi donc sur le chemin du goût…

Avant même de parler du contact direct avec un corps et toutes ses parties, il y a déjà les sensations éprouvées par certains aliments. Je n’y peux rien, c’est plus fort que moi, quand je mange de la barbe à papa ou de la chantilly, les mêmes images me reviennent en tête (et ailleurs). Sûrement à cause, ou grâce, à mes expériences passées, cela va sans dire, mais l’impression est toujours là, malgré les années qui ont coulé. Un trait de chantilly sur une fente ou une barbe à papa en train de fondre dans votre bouche quand vous faites reluire la queue de votre partenaire, ça vous change les sensations ! Une tagada à partager… doux souvenir…

Que dire des petits plats mitonnés en vue d’une soirée inoubliable… quand ceux-ci s’accommodent en plus d’un nectar habilement choisi (plutôt blanc pour moi)… ce sont les papilles qui s’éveillent à la sensualité. Un émoi peut être créé bien avant les caresses et les regards, bien avant les baisers et les paroles sans équivoque. Un goût, une saveur adéquate, et tout peut s’enflammer en quelques bouchées. Lorsque l’on ouvre la discussion sur les cocktails, tout devient possible… vous ne trouvez pas ? Un mélange savamment orchestré qui fait légèrement tourner la tête, moi je vote pour…

Alors quand ma langue se promène sur le grain de peau de l’être aimé, récoltant le sel de sa sueur et la douceur de son épiderme, je me délecte du mariage réalisé sur mon appendice. Je la manie doucement, langoureusement, de toute sa largeur, pour ne rien manque des épices qui nous sont offertes, à elle et moi. Quand la douche a quelques heures, c’est encore meilleur. J’en vois certains froncer les sourcils, n’en faites donc rien… Testez plutôt ! Le piquant d’une peau qui s’est activée avec son propriétaire pendant toute une journée, l’amertume de certains endroits cachés qui n’en est que plus excitante !

Quand les jeux deviennent plus poussés, que ma langue a découvert chaque parcelle de sa peau, dans le cou, sur le torse, le ventre, le haut des cuisses, le bas de son dos, le galbe de ses fesses… quand elle a survolé ses joues, s’est appuyée sur ses lèvres, que ses oreilles ont été mordillées pour faire monter la température… quand elle s’est emmêlée de longues minutes avec la sienne… quand, enfin, dans une nouvelle torture, ma langue s’aventure sur l’une de ses aines, qu’elle se perd dans sa toison, goûtant le piment cette fois-ci, la douce et brûlante saveur de son intimité qui se déploie sous ses capteurs… quand, presque comme une délivrance, ma tentacule s’attarde sur ses bourses encore pleines, que ma bouche les gobe avec gourmandise… quand je remonte langue et lèvres le long de sa verge, terriblement lentement, mouillant toute la surface parcourue avec plus de salive que de raison… c’est divin.

Je me réjouis systématiquement des goûts qui se développent à l’intérieur de ma bouche comme au creux de mon ventre. Excitée, je deviens carnassière, alors je délaisse l’objet de ma convoitise pour aller planter mes dents dans une chair certes toute aussi douce, mais certainement moins sensible… mes crocs s’agrippent à un pectoral onctueux, alors que ma langue se colle à nouveau sur le petit centimètre carré de peau mis ainsi à sa disposition. Lorsque mon élan sauvage s’apaise, je reviens vers son membre irrémédiablement en érection et m’applique à le nettoyer avec toute l’ardeur qui m’habite.

S’ensuit un ballet de langue et de queue des plus intenses. Aérienne et appliquée, la fellation bat son plein. Ma langue s’active d’abord à récolter toutes les saveurs à disposition sur ce pilon coopératif. Elle récolte une goutte de plaisir, un voile de sueur… puis ma bouche dépose ses propres effluves, à l’aide d’une salive abondante et d’une langue travailleuse, je sème ici et là quelques bulles et autre fil humide… Ma gorge est rapidement mise à contribution, recevant le savoureux mélange des muqueuses en action. Et même si la jouissance se prépare après ces instants actifs, je ne m’en tiens pas à cette verge sous pression, non…

Je maintiens d’une main ferme la queue frétillante, et de l’autre, je fais tourner mon partenaire pour avoir ses fesses à hauteur de ma bouche. Lorsqu’il est retourné, j’attrape sa propre main pour la place sur son membre et l’encourage à se branler. Pendant ce temps, j’ai récupéré mes deux mains  qui me servent à écarter avec douceur la raie qui sépare son fessier en deux. Je mets de la sorte son oeillet à nu, prêt à recevoir la caresse de ma langue charnue. Du bout d’abord, je le titille, le chatouille. Il soupire, continuant à s’activer sur sa verge. Ma langue se fait plus insistante alors, et commence à percer son intimité la plus sombre, juste d’un petit centimètre, juste assez pour le faire se tortiller de surprise et de plaisir. Je ressors rapidement et colle  ma langue bien à plat pour le lécher goulûment. De haut en bas, de bas en haut, je saisis toute l’originalité de la saveur de son cul. Je ne résiste pas au délice de le pénétrer une nouvelle fois avec ma langue, plus loin cette fois-ci. Il sursaute, râle, se branle avec plus de vigueur. J’accompagne ses va-et vient, je le sens monter, mais hors de question de le laisser jouir sans en profiter plus.

Je le retourne prestement, reprends sa queue en main et en bouche, puis m’active en accélérant le mouvement au fur et à mesure que ses mains s’approchent de mes cheveux. Pleine de toutes les sapidités précédemment perçues, je gémis sous ses doigts qui me tiennent fermement la tête et accède au final sans peine, libérant la pression de chacun en un dernier coup de langue aidée d’une bouche imitant parfaitement une antre féminine. Je récolte alors l’ultime saveur de ce corps-à-corps gourmand, un bouquet musqué et âcre, d’une somptueuse consistance et avec l’effet boeuf que les femmes qui apprécient connaissent.

Enfin, je suis repue…

Les sept vérités (4)

… ou comment faire durer le plaisir… mais vous allez être récompensés, ce sont des révélations très intimes…

5. J’aime sucer. Le scoop, n’est-ce pas ? La fellation et moi, c’est une grande histoire… d’amour, de volupté et de sensations. Avoir le palpitant d’un homme posé sur ma langue me fait bander. Le sentir frémir et vibrer tout contre mes muqueuses m’enflamme. Lécher une queue de haut en bas, abandonnant ma langue dans la toison pour remonter jusqu’au sensible gland, son frein, son tour si délicatement dessiné, attraper une perle déjà disponible à son sommet… La gober d’une traite, loin, très loin, jusqu’à la sentir cogner le fond de ma gorge, doux choc du satin contre la soie… Sentir une main qui agrippe mes cheveux, qui donne le rythme, dirige ma tête pour que sa compagne de plaisir puisse encore mieux s’immiscer en moi… Planter mon regard dans celui qui se perd sous mes assauts buccaux, râler intérieurement quand la position ne me le permet pas, arranger le problème en me déplaçant, le sexe toujours bien en bouche, comme si mes lèvres étaient soudées à lui et ne pouvaient que l’enserrer et le caresser jusqu’à sa jouissance. Des coups de langue larges et mouillés, des prises en bouche plus vigoureuses, des va-et vient qui vont crescendo… vous l’aurez compris, j’aime varier les plaisirs en la matière.

6. J’ai déjà fait l’amour à une femme. Plusieurs fois d’ailleurs. Mais toujours à la même. Hétéro toutes les deux, nous nous sommes retrouvées à un moment de nos vies où cette passion éphémère avait un écrin de choix : une complicité sans faille, tout aussi aérienne que notre relation. Lorsque je suis partie de chez elle, nous ne nous sommes plus jamais revues. Aucune animosité, ni regret, ni remord. Juste la vie qui a repris ses droits alors que nous avions pris la liberté de notre côté, de suspendre le temps pendant quelques mois. A peine séparée de mon petit ami de l’époque, je me suis installée chez la belle Fleur et ai vécu à un rythme très personnel pendant cinq ou six mois. J’ai découvert en sa compagnie la sexualité entre femmes. Nous avons fait comme nous avons pu/voulu/ressenti, certainement pas comme des homosexuelles confirmées qui partagent une intimité plus expérimentée. Nos échanges étaient simples, gratifiants et jouissifs. Du haut de ma majorité à peine acquise, j’ai partagé mon intimité avec une jeune femme qui était pleine de sensualité, d’égards et d’envies. Elle m’a laissée l’explorer avec toute la douceur dont je pouvais faire preuve malgré mon statut de novice en la matière. J’ai pris un plaisir sans nom à visiter son antre avec mes doigts, découvrant plusieurs centimètres carrés de chair mouillée et moelleuse. Ma langue s’est elle aussi aventurée dans des recoins plus ou moins sombres, s’agitant à la cadence du bassin en feu qui lui faisait face. Je l’ai découverte sous un autre angle, c’est le moins que l’on puisse dire, mais j’ai aussi découvert mon propre corps par le biais de ces explorations régulières. Le pouvoir de mes dents autour d’un téton, de mes lèvres autour d’une muqueuse en érection, de mes doigts dans un cul souple et chaud. Une fois, je l’ai investie avec un vibromasseur, de ceux qui sont on ne peut plus classique… une tentative infructueuse bien vite remplacée par mes caresses devenues déjà habituées des zones les plus sensibles. Elle-même m’a donné de beaux moments de plaisir. Je n’ai jamais joui sous sa langue ou ses mains. J’ai pourtant atteint des sommets de chaleur en sa compagnie. Unique.

7. J’ai eu une jeunesse sulfureuse… pendant trois années pleines,  j’ai profité de la vie comme on en a vraiment envie à cet âge sans avoir la possibilité de le faire. Juste avant de me caser pour quinze années de vie commune (qui n’est plus aujourd’hui). Ces trois années m’ont emmenée de découvertes en découvertes. J’ai connu plusieurs partenaires à cette époque, âgés de dix-huit à trente-cinq ans, et qui m’ont tous appris quelque chose. Cet avec cette homme qui était mûr, pour mon âge, que j’ai passé une nuit à cinq coups… un américain très charmant, complètement déjanté, qui voulait me voir débarquer au pays. Cet autre partenaire, rencontre d’un soir, au coeur d’un camping de La Palmyre, qui m’a donné l’occasion de ma première fellation avec préservatif (beuuuurk). Et qui, par je ne sais quelle chance, a réussi à échapper au siffleur d’orange mécanique que je venais de laisser tomber et qui gardait notre emplacement alors qu’on ne lui avait rien demandé… lequel écrivait comme un diable, mais… en avait une toute petite. Oui, size does matter, indéniablement. Mon premier amant, doux et chaud comme l’atmosphère de son ile d’origine… Les expériences un peu particulières réalisées avec celui qui a partagé ma vie pendant de longues années… ce paranoïaque terriblement bien monté mais si bizarre que j’ai du capituler… et quelques autres (mais pas trop non plus, n’exagérons rien !)… Chaque homme a éveillé ma curiosité, donné du plaisir et apporté une pierre  à ce qui fait la femme férue de sexe que je suis aujourd’hui.

J’espère que vous avez aimé cette série de confessions ! Et que vous en avez profité, je ne recommencerai pas de sitôt ! ;)

Première fois (1)

Ma première fois… une réussite (oui, je sais, c’est rare) ! C’est aussi la première fois que je prenais un sexe masculin entre mes mains et la première fois que j’en voyais un, autre que ceux de ma famille (nous ne sommes pas très pudiques) d’aussi près ! Un bel étalon guadeloupéen à peine majeur, avec tout le tact et le doigté nécessaire à ce genre de situations.

Allongés dans sa salle à manger, après nous être caressés à travers nos vêtements, il a déboutonné son pantalon et a collé ma main sur son caleçon. Un peu perturbée par la nouveauté, j’ai caressé doucement, très lentement, certainement trop, puisqu’il m’a encouragée du plat de sa main, accompagnant mon mouvement. Puis, il a sorti son sexe, énorme pour mes yeux de vierge effarouchée, mais qui ne m’a pas refroidie pour autant pour la suite des évènements. Car oui, je le sentais, j’allais me donner à ce garçon si prévenant et pour lequel mon coeur battait la chamade quand il était à mes côtés.

Une fois la rencontre avec son instrument savourée,  il s’est occupée de moi, avec tous les égards que méritait ma condition de l’époque. Doucement, le long de ma fente, doucement, il s’est glissé dans ce qui devenait déjà bien humide, doucement il s’est introduit en moi avec son majeur. J’avais envie de lui. Du moins, c’est de cette manière que j’ai interprété la chaleur qui irradiait le bas de mon ventre.

Il m’a entrainée dans sa chambre, s’est adossé au mur lorsqu’il s’est assis sur son lit,  puis m’a déshabillée alors que j’étais debout à ses côtés. Une fois nue, il a ôté son pantalon et s’est allongé sur le dos, tout en m’amenant sur le lit. Je me suis collée à lui, ventre contre ventre, et nous sommes restés ainsi à nous embrasser et à nous caresser. Son désir ne faiblissait pas, le mien ne faisait que bouillir.

Il a alors attrapé son sexe pour le diriger vers mon hymen prêt à être sacrifié pour la cause (enfin, je suppose qu’il était là, ou peut être pas, car nous n’avons eu aucune manifestation de sa part après nos effusions). Je le sentais à l’entrée de mon intimité, puissant et volontaire. Il a grappillé quelques centimètres sans difficultés, puis s’est retrouvé ralenti dans son élan.

Là, un petit miracle s’est produit : mon amant m’a chuchoté des mots doux, rassurants, je me suis sentie aimée, en confiance, je me suis détendue et… l’ai senti m’investir ! Sa queue avait forcé mon passage avec rapidité et aisance, non sans douleur pour moi. Fulgurante mais passagère, elle s’est rapidement calmée avec la sensation de plénitude qui m’a envahie instantanément. Le plaisir de me sentir pleine, de le percevoir en mouvement à l’intérieur de moi. Ces ressentis nouveaux et délicieux me rendait euphorique. Avec un sourire, je lui confiais mon soulagement de ne pas avoir eu plus mal. Il a ri légèrement, ce qui nous a amené de nouvelles émotions à l’un comme à l’autre.

Puis il a commencé à danser lentement sous moi. Et j’ai pu ressentir mes premières sensations de plaisir. Cette spirale que je connais maintenant si bien, a été ébauchée ce jour-là. A peine quelques pointillés, mais déjà une solide trajectoire. Il se mouvait avec un regard enjôleur, guettant la moindre de mes réactions. Je hoquetais parfois, souriais souvent, fermais les yeux plus que de raison, je dégustais ce qu’il m’offrait à la force de son bassin et de ses abdominaux. Ses mains sur mes hanches me guidaient dans l’accompagnement de ses mouvements. Je sentais le feu de la pénétration délicate se mélanger aux braises qui naissaient dans mes chairs.

Je n’arrivais pas à croire que j’y étais et que ça me faisait du bien. Je m’étais fait une telle montagne de cette première fois, du mauvais trip que ça provoquait invariablement chez toutes celles qui m’en avaient parlé, que de vivre une expérience aussi positive me transportait encore plus. Il s’est arrêté de bouger pour attirer mon visage vers le sien et m’embrasser goulûment. « A toi maintenant ». Il m’avait tétanisée avec trois mots. D’un coup, tout le stress était revenu. Me voyant interdite et pétrifiée, un sourire de tombeur s’est collé sur son visage alors qu’il me rassurait, encore une fois, de sa voix chaude : « je vais t’aider ».

Je me suis soulevée, à peine, juste pour sentir son sexe sortir légèrement de son nouvel étui moite, puis il m’a fait redescendre d’un geste ample et maitrisé. J’ai laissé échapper un soupir de surprise et d’entrailles allumées mélangées. Encore d’autres sensations, bien plus fortes cette fois. J’ai donc recommencé le manège, gérant le mouvement seule de A à Z. Encore plus intense. J’ai refait l’exercice plusieurs fois, jusqu’à en devenir rouge d’effort mais surtout, de plaisir. Je ressentais pour la première fois un désir assouvi. Tous ces fourmillements provoqués par la simple vue de mon petit ami qui trouvaient enfin un apaisement, lequel se trouvait être à la fois tellement explosif ! Une ambivalence dont j’ai aimé faire la connaissance à ce moment précis…

Ni l’un ni l’autre n’avons joui ce jour-là. Nous avons continué à savourer notre étreinte pendant quelques instants, le temps d’échanger de nouveaux mots tendres, de déposer quelques baisers ici et là… Ce pieu planté en moi m’a faite femme, la femme que je suis aujourd’hui, ardente de désir au quotidien et toujours prête à la bagatelle. Des prédispositions ? Sans aucun doute, mais également ce genre d’expériences, qui donnent envie de continuer à découvrir le sexe dans toute son essence. Un précieux sésame pour qui a envie de s’épanouir sexuellement.

Un jour de formation… et de sms…

J’ai juste envie de toi, là, maintenant…

Seulement là, maintenant ? (bon, c’est malin, je suis en public moi…)

Oui, encore plus là maintenant, envie de prendre en bouche le sexe que je viens de voir dressé…

Toi, tu tiens vraiment à ce qu’on me voie bander… heureusement que le film les captive… (je voudrais déchirer ce décolleté qui emplit ma mémoire)

Mmmhhh, que j’aime les mots que tu emploies… J’avoue que de te faire de l’effet est le but recherché… c’est de ta faute, fallait pas m’exciter ! Tu imagines, ma langue glisser le long de ta queue, en happer le sommet…

(c’est réussi…) et imagine mes mains glissées dans tes cheveux, caressant, encourageant, te maintenant aussi, pendant que mon orteil s’insinue entre tes cuisses…

Le bout de ton pied qui s’invite dans mes fluides, ta main qui rythme la cadence de mes lèvres, je t’engloutis, loin, goulûment, à l’affut du moindre gémissement, m’aidant de mes doigts sur tes rondeurs pour te faire grimper d’un cran (diable que j’aime te sucer…)

Délicieux partage entre l’abandon, ma queue entre tes lèvres, et le contrôle, ne serait ce que pour empêcher ma jambe de trembler et laisser mon pied entrer plus avant en toi, dans ta chaleur et ta moiteur, regrettant dans un soupir de ne pouvoir y plonger ma langue…

Profite de ce moment, sens ma langue s’activer autour de toi, tu auras bien le temps de venir me goûter alors que tes mains sur moi auront augmenté le miel à déguster… Entends le plaisir que je prends quand tu pénètres ma bouche…

Oui, continue à gémir, tu m’excites et me donnes envie d’aller plus vite, plus loin dans ta gorge, d’agripper tes seins et les sortir de ton décolleté, presque violemment…

(je suis en feu… et en eau) mon sexe se contracte quand je te sens aller si loin en moi, mon corps crie son envie d’être possédée, je me liquéfie littéralement, ambivalence entre le désir de te faire jouir et le plaisir de multiplier les échanges…

De même, l’envie de jouir dans ta bouche et celle de te renverser pour posséder ton sexe se succèdent et se mélangent… je m’allonge et attire à nouveau ta tête d’une main, tandis que l’autre investit enfin ta grotte brûlante… (et moi donc, à cet instant, je suis en train de me caresser, trop envie de toi…)

(j’allais justement te le suggérer… raconte moi) la simultanéité de mon plaisir anal et de mon plaisir oral m’enflamme, mon bassin ondule sous ton assaut, j’accélère mon mouvement autour de ta queue…

(tu pourras même le voir, mon amour, adossé au mur, les jambes un peu fléchies, la main autour de ma queue… vite… vite) ma respiration s’accélère, mes doigts te fouillent, partout à la fois, titillent, creusent,  je sens mon plaisir qui monte (en vrai aussi d’ailleurs…)

(toi alors ! tu n’as pas idée de l’état dans lequel tu me mets) la sensation de t’appartenir m’envahit en te sentant partout à la fois, j’arrache ma bouche avec regret pour la souder à  la tienne, ton doigt toujours dans mon cul, je te supplie « prends-moi »

(ma main attrape le chambranle, joli mot… bientôt…) et presque à regret aussi je laisse ta bouche abandonner ma verge, te repousse un peu fort… j’attrape tes mains pour les bloquer dans ton dos, à ma merci, et m’enfonce en toi alors même que ton visage touche à peine le matelas…

(je commence à avoir du mal à donner le change… t’imaginer, là… mmmhhh) passé le hoquet de surprise, je laisse échapper un long râle, m’ouvre encore plus sous l’effet de tes mains sur les poignets, que tu délaisses pour mes cheveux et me monter avec fougue…

Oui mon amour, cambre toi et utilise tes mains maintenant libres, caresse toi, branle toi pendant que je te prends… (presque…)

(c’est bon de te savoir en proie au plaisir) pas besoin de beaucoup de stimulation pour faire monter la pression, envie que tu jouisses, je donne les coups de rein libérateurs…

Je ne résiste pas si toi aussi tu t’y mets, traitresse… Mes ongles se plantent dans ton cul tandis que je me laisse aller en haletant ton prénom… (alors tu peux m’imaginer y succombant… tu me fais faire de ces choses…)

C’est parce que je t’aime… tout comme j’aime te sentir prendre ton pied en perdant pied, justement…

Et tout comme je t’aime et j’aime me perdre en toi… Mon amour… Merci…

Les sept vérités (3)

Parce que les précédentes n’étaient que fictions inspirées des écrits d’une autre (enfin, fictions, fictions…), j’ai décidé d’aller contre mon principe élémentaire instauré à la création de ce blog et de me livrer sans fards ni mots romancés. Enfin, doux et susurrés quand même, les mots, parce que bon…

1. Les vérités n°1, 4, 6 et 7 déjà écrites à partir des mots d’Ange Solaire sont des envies, besoins et émotions qui s’appliquent totalement à ma personne. Je suis une amoureuse… Je ne sais pas résister quand un homme murmure mon prénom… J’aime le sexe de l’homme… Mentalement (sexuellement ?) je réfléchis souvent comme un homme… sinon, pourquoi l’envie de rebondir sur les vérités de notre Ange m’aurait prise de la sorte, viscérale et urgente ? La lecture de l’article en question a réveillé en moi des sensations bien connues, des mots déjà dits, des idées déjà partagées. Très sensible à l’ouïe, comment résister quand mon prénom est chuchoté à mon oreille, investie par ailleurs, sous le charme de mon assaillant ? Amoureuse, sans nul doute, de tout, de chacun, comme je l’ai détaillé auparavant, mais aussi des mots. Ces mots qui naissent sous mes doigts, qui virevoltent dans mon esprit en attendant leur libération. Tantôt excitants, tantôt douloureux, quelques fois amusants, d’autres fois romantiques… Les mots et moi, c’est une histoire de cul, de coeur et de raison.

2. J’ai connu mon premier orgasme très (très très) tard, la vingtaine bien entamée… Une seule fois avec mon compagnon de l’époque, lors d’un (très très) long 69. Une relation volcanique, sexuellement satisfaisante sans être ébouriffante (je sais ce que c’est depuis, vive la maturité), des pratiques libres mais classiques (je connais d’autres champs d’intervention maintenant, vive l’expérience). Sur le moment, je n’y ai même pas fait attention. Véridique. Ce n’est pas longtemps après, quand le plaisir solitaire a pris plus de place  que prévu dans ma vie sexuelle, que j’ai su ce qu’était un orgasme (un vrai) et que  je me suis souvenue que je l’avais déjà ressenti auparavant. Aujourd’hui, c’est devenu une chose banale et systématique. Mais non, je plaisante ! Je crois au contraire que c’est une des rares sensations physiques qui se renouvelle à chaque fois, jamais identique, jamais amenée de la même manière, avec une saveur et une intensité différente à chaque fois.

3. Je suis plutôt dominante au quotidien et dominée dans l’intimité. Je dis « plutôt » car ce n’est pas une exactitude mais une tendance. J’aime être possédée au coeur de mes ébats, être sous son emprise, lui appartenir et devenir parfois l’objet sexuel de son désir. Les liens, les ordres, les (légères) contraintes, les claques sur les fesses, les mains qui deviennent serres, les cheveux maintenus, autant de gestes et de paroles qui me font me liquéfier plus que de raison (oui, parfois trop). Par contre, dans la vie de tous les jours, je n’aime pas que l’on me marche sur les pieds, j’ai la langue bien pendue et le verbe haut… De temps à autre, j’aime inverser la vapeur… m’adoucir dans la journée pour devenir féline dans la nuit… il ne le sait pas encore, mais une petite surprise le guette.

4. Depuis que j’ai un piercing, les hommes me regardent différemment. Déjà, avec le tatouage, les regards s’étaient modifiés, mais là, c’est flagrant. Je suis , à ce qu’on dit, une femme qui « respire le sexe » (on peut dire aussi « qui a des yeux qui sentent le cul », on me l’a déjà sorti celle-là, tout en finesse et en douceur). Depuis mon adolescence, j’attire les regards, avant même qu’ils n’atterrissent sur mes seins que ma marraine la fée a voulu de taille plus que correcte. J’ai toujours plu, et ce quelque soit mes variations de poids, de comportement ou de statuts social et matrimonial. Des sifflements des ouvriers aux dragues ouvertes à la bibliothèque, des plans strapontins dans le métro aux courriers envoyés dans ma boite aux lettres, des plans « j’te suis en voiture » en te guettant dans le rétro aux questions innocentes au rayon fruits & légumes qui terminent par un « vous faites quoi après ? », je suis régulièrement rassurée sur mon pouvoir de séduction (oui, c’est une chance). Mais alors, depuis que ce piercing est visible sur mon visage, c’est encore différent… une hypothèse ?

Les sept vérités (2)

La suite des vérités communiant avec celles d’Ange Solaire, des vérités qui n’en sont pas vraiment ou alors, pas toutes… comment ça je maintiens le mystère ? Voici la suite, donc, en attendant les miennes, de vérités…

Je ne sais pas résister à la voix d’un homme qui murmure mon prénom…

Je suis très sensible aux sons. L’ouïe est pour moi le sens le plus exacerbé lorsque je suis en proie à une excitation grandissante. Chacun des autres sens travaillent activement, bien sûr, mais l’oreille est tendue, accroche chaque sons intéressants et le retransmet directement à mon cerveau qui se charge de passer le message aux organes concernés : mon sexe, mes doigts, ma peau… lorsque j’entends un soupir, je suis aux anges, le gémissement est encore plus efficace, il me transporte littéralement. Quand mon partenaire s’amuse à me caresser en accentuant son mouvement pour que mon humidité s’entende parfaitement, je suis carrément dans un état second. Que dire alors, quand il prend un malin plaisir à épeler mon prénom, détachant chaque lettre dans un soupir, pour le finaliser d’une traite de son timbre chaud et envoûtant… chaque lettre cogne contre mon ventre et envoie une décharge de plaisir supplémentaire. Chaque lettre envoyée dans mon lobe fait grimper d’un cran l’impatience qui m’étreint systématiquement quand nos jeux sont bien avancés, celle d’être prise, vite, profondément. Quand mon prénom est lâché dans un souffle brûlant du désir qui nous consume tous deux, je ne résiste pas : « prends-moi… ».

J’ai déjà tracé l’initiale d’un autre sur l’épaule de mon homme alors qu’il me faisait l’amour…

Je le croise régulièrement en me rendant au cours de musique de mon fils. Il est bel homme, grand et d’apparence calme. Vêtu de manière classique, sa prestance indéniable saute aux yeux. Son sourire charmeur, celui là même qu’il m’a dédié dès notre premier regard, m’a, contre toute attente, complètement ravagée. En entrant dans le bâtiment, j’étais encore sous le charme de son visage conquérant. Oui, c’est bien le mot : l’assurance tranquille d’un homme qui n’a aucun doute sur son pouvoir de séduction. Habituellement, ce genre d’arrogance aurait tendance à m’énerver, mais là, je ne saurais dire grâce à (ou à cause  de ?) quoi, cela me laisse rêveuse. Un jour, en reprenant le chemin de ma voiture, je l’ai aperçu qui m’attendait juste devant. Il a pris la parole en premier. Après s’être présenté,  il m’a raconté qu’il m’observait depuis le début de l’année musicale, qu’il attendait que je sois seule pour m’aborder enfin, que je lui plaisais beaucoup. De surprise je suis passée à complètement gênée, car même si je connais l’étendue de mon pouvoir de séduction sur les hommes, je ne suis pas non plus la destinatrice quotidienne de déclarations de ce type. Nous avons discuté une petite heure, debouts, sur le trottoir. Il m’a eue à la première phrase. Les autres se sont contentées d’enfoncer le clou : j’avais envie de lui. Là, tout de suite. C’était bien évidemment impossible, cela aurait été trop facile. J’ai du repousser son invitation immédiate. Je n’avais pas peur de l’inconnu, ce papa que je croisais depuis si longtemps me donnait la sensation incongrue qu’il faisait partie de mon cercle amical. Simplement, je n’étais pas libre… en terme de temps, bien évidemment.  Alors le soir même de cet abordage pas banal, lorsque mon homme s’est approché de moi dans le lit que nous partageons pour beaucoup de choses, c’est à « lui » que j’ai pensé. Quand il a englouti mon intimité dans sa bouche, c’est à « sa » bouche que j’ai pensé. Quand j’ai joui une première fois sous les lèvres de mon homme, c’est « son » prénom que j’ai murmuré silencieusement. Quand il m’a investi de toute sa raideur, me travaillant avec entrain, c’est « sa » queue que j’ai imaginé en moi. Quand il a ralenti le rythme et s’est lâché profondément, c’est le prénom de mon futur amant que j’ai dessiné sur l’épaule de mon partenaire.

J’aime le sexe de l’homme.

Son odeur, sa forme, son goût, sa texture, ses bruits, les effets qu’il peut produire, son potentiel… J’aime qu’il ne soit pas fraichement lavé : propre, mais réussir à sentir l’odeur primaire de son propriétaire, m’en délecter et m’exciter sur cette fragrance si particulière et fidèle à chaque homme. Le savourer aussi, tantôt doux, tantôt piquant de la première goutte, tantôt velours, tantôt chair mouillée… faire courir mes doigts autour de lui, m’attarder sur le gland si sensible, le frein si fragile, sentir l’homme tressaillir sous mes caresses, qui descendent jusqu’à ses bourses, en font le tour, redessinent la ligne parfaite qui se dresse sous mes yeux, ma bouche. En apprécier chaque courbe avec ma langue, le lécher pour en savourer chaque parcelle, le gober et le faire rencontrer mon palais, ma gorge, multiplier les va et vient pour le sentir palpiter dans ma bouche. L’entendre se décalotter avec vigueur et désir quand il m’investit, m’émerveiller encore et toujours de son pouvoir sur moi, sur mon plaisir, sur ma jouissance et le sentir me livrer le point d’orgue de mon excitation, un orgasme intensément sonore.

Mentalement, je crois que je réfléchis souvent comme un homme…

C’est je crois pour cette raison que ma vie sexuelle est si épanouie. La pénétration, si elle n’est pas un but ultime dans mes ébats sexuels et amoureux tient quand même la première place dans mes préférences. Elle est tellement variée et variable qu’elle représente mille actes sensuels à la fois. Et ce sentiment de puissance, de domination, que doit ressentir un homme lorsqu’il entre dans un sanctuaire féminin, le plaisir de diriger d’une baguette de chef d’orchestre confirmé les sensations de sa partenaire, par le rythme d’un déhanché, la force de quelques abdominaux, la profondeur d’une queue. Quelle intensité dans cet acte tour à tour tendre et animal, charnel et cérébral, une intensité que j’aimerais éprouver, dans tous les sens du terme. Prendre à mon tour, un homme de préférence. Goûter à cette explosion des sens de l’autre côté du tableau, en être la maitresse de cérémonie, user et abuser de ce pouvoir de pénétrer à ma guise. Et faire ressentir également. L’amplitude de la possession, qui se déroule des pieds au sommet du crâne lorsque nous sommes pleines d’une raideur masculine, l’abandon à un sexe qui  n’est pas le nôtre et qui nous procure pourtant tout autant que notre intimité lorsque nous la sollicitons. Ce plaisir de se laisser aller au bon vouloir de l’autre, pour finir par reprendre le cours des évènements en main, par le biais d’encouragements ou de changement de position. Faire découvrir à l’amant le bonheur de se donner entièrement, tout simplement.

Nocturne (1)

Les vagues viennent lécher ma peau encore sèche, langoureusement, tièdes et douces. Immergée jusqu’à la taille, je m’amuse de la couleur ocre de l’eau, légèrement mordorée par endroit. L’écume scintillante et aérienne est un régal pour les yeux. L’eau m’entoure et me remplit, je la sens titiller mon intimité au rythme de ses flots. L’air est moite, la nuit violette donne une teinte magique à ce moment si… particulier. L’eau s’immisce maintenant en moi, avec tact et fermeté. Un doigt d’eau me caresse à l’intérieur et je sens mes fluides se mélanger au liquide salé. Je cligne des yeux, les images se télescopent.

Dans la pénombre de la pièce, je sens juste son odeur qui m’enveloppe. Son bras passé par dessus ma taille bouge imperceptiblement. Il accompagne les mouvements de sa main posée plus bas, beaucoup plus bas. Il fouille mon sexe d’un doigt tendre et aventurier. Dos à lui, je me remémore les images encore parfaitement ancrée dans mon esprit, respire l’iode imaginaire restée dans mes sinus, profite de la sensation tiède de cette vague d’apparence humaine.

Son souffle excite mon oreille et sa bouche ne tarde pas à trouver le grain de mon cou. Ses baisers se font mouillés, sa langue joue avec ma chair de poule comme une anguille chasserait du plancton. Je sens son désir contre mes fesses. Il continue son petit manège et sait parfaitement jouer avec mes sensations : il plonge, le plus loin possible, pour ressortir frotter son doigt contre ma fente, ce qui ne manque pas de me faire tressaillir, puis retourne dans la moiteur de mon envie.

Alors que sa bouche parfait le mouvement de sa main, je continue à me réveiller et les soupirs se font plus sonores. Le plaisir monte, petit à petit, et je n’ai rien envie de faire pour intervenir. Ni pour augmenter la tension, ni pour l’apaiser. Juste l’ambition de prolonger ce rêve sensuel qui m’a parfaitement mise en condition. Qu’il profite de moi encore, alors je ne cherche pas à conceptualiser ce qui se passe. Je m’abandonne, profite de ce demi-sommeil pour n’en prendre que l’essence sexuelle.

Je le sens mordiller le lobe de mon oreille et l’entends me chuchoter un mot d’amour. Je soupire d’aise, ondule mon bassin, timidement, somnolente. Son sexe se fait plus hardi et se cale dans ma raie, séparant mes fesses d’un mouvement efficace. Il titille mon anus de son gland, j’ouvre la bouche pour lui dire quelque chose mais mes cordes vocales ne fabriquent pas le son. Je me contente de glisser ma main sur ses fesses, poussant son bassin contre le mien, maintenant mes yeux fermés.

Il se recule, me tourne doucement sur le dos, écarte mes jambes et s’allonge sur moi. Il aime faire jouer sa queue à la surface de mon sexe, pour faire enfler mon désir. Je gémis faiblement, j’entrouvre les yeux, je le vois sourire. Ce sourire conquérant que j’aime tant, satisfait et comblé à la fois. Je replonge dans les semi-limbes de mon expérience quasi tantrique. Il force mon intimité, lentement, sans réelle précaution mais sans me faire mal non plus. J’aime ce moment entre l’animalité et l’égard. Un concentré de plaisir en quelques secondes de pénétration.

Sa verge entre en moi, s’accrochant parfois à mes peaux, retrouvant toujours le glissement nécessaire grâce à mes sucs. Il me remplit de toute sa vigueur nocturne et ne bouge plus pendant un bref instant, juste le temps de se contracter au creux de moi, que je sente la chaleur de son membre se mélanger à celle de mes entrailles. Il niche son nez dans mon cou, me respire, me lèche, puis me susurre un compliment totalement renversant. Je m’ouvre encore plus, l’invite à poser une cadence, empoigne la peau de son dos avec toute la force que mes mains peuvent avoir dans ce sommeil perturbé.

Alors qu’il va et vient en moi de plus en  plus vite, de plus en plus fort, je lui lacère le dos. Il en grogne de surprise puis de plaisir, ce qui redouble l’ascension de ma spirale de jouissance. Elle s’enroule avec ardeur, diffusant sa tension dans mon corps tout entier, je pose mes mains sur ses fesses, les yeux toujours clos. L’orgasme me terrasse, emmenant avec lui le peu d’énergie que j’avais réussi à réunir depuis le début de nos ébats. C’est à une poupée de chiffon qu’il fait honneur, lui offrant  sa semence dans un long râle, comme un trophée donné dans un souffle inspiré.

Les sept vérités (1)

Je surfe, je lis, je vois qu’on m’alpague, pour un jeu fort intéressant… il s’appelle « les sept vérités ». Tout un programme vous en conviendrez… Sept, ce n’est pas assez ! Et pourtant, je dois bien m’incliner et traiter le sujet donné avec ses contraintes imposées et délices annoncés.

Alors pour ne pas dénoter, je vais jouer avec les mots, les impressions et les envies d’une autre. Celle qui m’a épinglée comme un joli papillon qui passait à sa portée va se voir transformer en muse malgré elle (est-ce un si terrible châtiment pour avoir voulu me capturer ?).

Sept vérités, sept tableaux, crus ou doux, poétiques ou réalistes, salés ou sucrés, tour à tour sensuels, sexuels, voluptueux. Voici les trois premiers, qui commencent donc ainsi…

Je suis une amoureuse…

De la vie, des autres, de l’Homme, de l’homme… Aimer pour mieux vivre, pour mieux ressentir. Aimer pour vibrer, murmurer, soupirer, crier son plaisir. Aimer pour donner, prendre, échanger, offrir, recevoir. Aimer pour être pleine, de vie, d’envie, de moi, de lui. Aimer pour le sentir me respirer, laisser son souffle errer sur ma peau. Aimer pour l’entendre jouir, palpiter au fond de moi, de tout son cœur, de tout son corps, de toute sa queue. Aimer pour le voir se réaliser dans nos ébats, le voir grandir dans nos fantasmes, le voir jouer avec nos désirs. Aimer pour goûter aux fruits défendus, pour découvrir d’autres épidermes, pour lécher le sel des échanges. Aimer pour laisser mes organes communier, mon cœur et mon cul, ma tête et mon sexe, mes tripes et ma bouche, ma peau et mes doigts. Aimer pour rendre chaque caresse orgasmique, vivre des états extatiques permanents, pour que le déploiement d’énergie nécessaire à tant d’émotions me laisse sur les genoux, face à lui, debout, son sexe à la main…

J’ai déjà eu un orgasme au travail…

J’étais arrivée peu après huit heures pour bénéficier du calme de l’endroit. Les trente postes du plateau réduisaient les possibilités d’intimité quand il fallait s’attaquer à des dossiers ardus. Mais le charme de l’open space agissait encore sur notre manager, alors… Je me suis dirigée vers la machine à café pour prendre mon breuvage matinal. Le chef de la section informatique était curieusement déjà là. Je me pensais seule à l’étage. Grand, bel homme, un poil taciturne, il parlait peu. Il faisait souvent l’objet des gorges chaudes de mon service qui restaient comme des poules devant tant de mystère. Les scenarii allaient bon train. J’ai toujours eu un faible pour lui et ça se voyait, les œillades, les sourires… auxquels il répondait toujours poliment, sans plus. Jusqu’à ce matin. Il touillait son café quand je me suis avancée pour commander le mien. Tout a été très vite : je l’ai senti derrière moi, de toute sa hauteur, son menton reposant doucement sur le haut de mon crâne, ses deux mains ont commencé à s’activer autour de mes épaules et de ma taille. Alors qu’il penchait la tête pour m’embraser le cou, ses doigts finir sur mes seins, de longues minutes, pendant lesquelles j’ai soupiré très profondément. Puis, il s’est mis à genoux. Il a manuellement investi mon sexe avec une rapidité enivrante. D’une main il a relevé ma jupe, de l’autre écarté ma culotte. Puis avec seulement deux doigts, après à peine quelques minutes, il a su m’arracher des râles de jouissance. Le temps que je me remette de mes émotions, ainsi que mes vêtements en place, je me suis retournée. Il était parti.

Un grain de beauté en forme de croissant de lune est apparu sur mon sein droit…

Chacun de mes amants à voulu en connaître la signification. Mais à personne je n’ai confié le secret de ce croissant tatoué. Il représente le don que j’ai fait à mon amant préféré. Il est en effet apparu le lendemain de mon initiation. La nuit où je me suis offerte de toute mon âme à cet homme sans mauvaises pensées. Le jour déclinait pendant que mes envies croissaient. Il avait savamment orchestré notre rencontre et l’idée même de ne connaître aucune des règles du jeu qu’il avait préparé, m’avait déjà mise dans tous mes états. Je buvais tranquillement ma coupe de champagne au rez-de-chaussée de l’hôtel lorsque le barman me transmit son message. Chambre 502. Avec délicatesse, je remis mes effets en bon ordre dans l’ascenseur, ne pensant qu’aux fines bulles qui finissaient leur travail de détente. Je frappais à la porte mais personne ne répondit. En ouvrant, je savais que je ne pourrais plus faire demi-tour une fois la pièce pénétrée. C’est le cœur léger et les entrailles en feu que je découvris ce que mon amant avait préparé. Il était habillé en costume sombre, avec une jolie chemise blanche. Diable qu’il était séduisant… Puis le lit, avec ses montants sur lesquels des menottes pendaient, la table de nuit qui présentait différents objets dont je ne connaissais pas l’usage pour la plupart…

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